Dans les observatoires des Andes, Trump veut freiner la Chine, son “rival de l’espace”
Démonté et dépourvu de pièces essentielles à son fonctionnement, le télescope géant chinois installé sur le site de l’observatoire Cesco, dans la province argentine de San Juan, ne verra pas le jour. Sa gigantesque antenne parabolique « pointe aveuglément vers le ciel » et « ne capte aucun signal », rapporte The New York Times.
Le Radiotélescope Chine-Argentine devait offrir à Pékin « une vue sur une partie du ciel qu’il ne pourrait autrement pas observer » et permettre aux scientifiques chinois de « capter des ondes radio invisibles de l’espace pour cartographier la naissance des étoiles et des galaxies lointaines ». Cependant, la pression des États-Unis sur le gouvernement de Javier Milei a mis fin au projet. Le contrat entre Buenos Aires et Pékin a été rompu, et le matériel nécessaire à son achèvement est bloqué aux douanes depuis neuf mois.
Les étoiles comme terrain d’affrontement
Dans un reportage sous l’un des cieux les plus purs au monde, le quotidien américain évoque l’une des nombreuses batailles entre la Chine et les États-Unis qui se déroulent en Amérique latine depuis que l’administration Trump a décidé de limiter l’influence du géant asiatique dans ce qu’elle considère comme son arrière-cour.
Cette fois-ci, il ne s’agit pas de récupérer des réserves de pétrole comme au Venezuela, de freiner le commerce chinois comme au Panama, ou de s’asr un accès privilégié aux minerais rares du cône Sud, mais d’empêcher la Chine de disposer d’outils astronomiques de pointe dans les Andes, susceptibles d’être utilisés « à des fins militaires ». La crainte est qu’ils soient employés « pour traquer les satellites américains et établir des communications avec les satellites chinois ».
Alors que les États-Unis considèrent de plus en plus la Chine comme un « rival dans l’espace », les étoiles qui brillent sur l’Amérique du Sud sont devenues « les points chauds d’une lutte géopolitique », selon The New York Times. Les scientifiques interrogés redoutent de voir s’assombrir les perspectives pour la recherche.
Pékin a exprimé son mécontentement face aux freins imposés à un projet qu’il affirme rechercher « le progrès scientifique de l’Argentine comme de la Chine, avec des bénéfices pour toute l’humanité ». Un autre projet d’observatoire astronomique, dans le désert chilien de l’Atacama, a également été stoppé sous pression des États-Unis.
La Chine maintient cependant une installation de contrôle des missions spatiales et satellitaires en Argentine, dans la province de Neuquén, construite en 2015, à une époque où elle étendait sa présence en Amérique du Sud, alors que les États-Unis se désintéressaient de cette région.
Source : The New York Times