Baccalauréat 2026 : le tour de vis annoncé sur l’orthographe n’a guère changé les corrections, Édouard Geffray n’est « pas satisfait »

Baccalauréat 2026 : Le tour de vis annoncé sur l’orthographe n’a guère changé les corrections

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a réitéré son insatisfaction concernant les résultats des corrections du baccalauréat, malgré les annonces d’un renforcement des critères d’évaluation. Dans un entretien publié mercredi dans le quotidien « La Montagne », il a affirmé : « On fera un bilan une fois les résultats du baccalauréat connus […] S’il apparaît qu’il y a eu une forme de discours édulcorant, en contradiction avec les orientations que j’ai fixées, on en tirera toutes les conséquences. » Environ 730 000 candidats découvriront leurs résultats mardi.

Des consignes de correction inchangées

Depuis mai, le ministre a insisté sur le fait qu’« aucune copie qui n’a pas un niveau suffisant en termes d’orthographe ne peut avoir la moyenne du baccalauréat », promettant des barèmes uniformes dans toutes les disciplines. Éric Nicollet, inspecteur de l’Éducation nationale et secrétaire général du syndicat SUI-FSU, a qualifié ces propos de « hasardeux », soulignant que l’orthographe est déjà prise en compte dans la notation. Selon lui, « personne n’a compris de quelle manière on pouvait les traduire pour cette session. »

Sur le terrain, les consignes reçues par les correcteurs semblent peu avoir changé. Un participant à la commission académique francilienne d’histoire-géographie a rapporté qu’« il n’y a pas de modification du barème ». Une correctrice de français pour la filière technologique a également noté que les grilles de correction restent similaires à celles de l’année précédente.

« Ne changez rien »

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a indiqué que les retours des correcteurs faisaient état d’un manque de nouvelles consignes, ou d’un rappel vague du cadre officiel, suivi d’instructions orales pour « ne changer rien ». Un texte publié au bulletin officiel en août précise que chaque correcteur doit intégrer « dans l’attribution de la note la qualité rédactionnelle des candidats », sans plus de détails.

Certaines académies ont introduit des critères spécifiques, mais souvent « plus symboliques qu’autre chose », avec des bonus ou malus limités à un demi-point ou un point, selon Jean-Rémi Girard, président du Snalc. Jérôme Rodriguez, professeur de philosophie à Besançon, a affirmé n’avoir pas modifié sa méthode de correction. Il a conclu que la communication du ministre n’a pas eu d’impact sur les pratiques d’évaluation.

Une portée politique limitée

Sophie Vénétitay a dénoncé un « coup de communication politique » à l’approche des épreuves écrites, visant davantage l’opinion publique que les correcteurs. Éric Nicollet a perçu un « vent de panique au ministère », avec des recteurs s’inquiétant de la manière dont l’orthographe a été abordée.

Source : « La Montagne »

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *