L’IA fait disjoncter les objectifs climatiques de Google
La demande en électricité de Google a connu une hausse spectaculaire de 37 % en un an, selon les chiffres publiés par l’entreprise de Mountain View. Si l’on considère une période plus longue, la consommation électrique de Google a augmenté de 250 % depuis 2019. Cette montée en flèche de la consommation énergétique est directement liée à l’expansion rapide des infrastructures nécessaires pour soutenir les nouveaux outils d’intelligence artificielle générative, en plus des services historiques tels que Google Search et YouTube.
« Le plus grand changement dans notre impact environnemental est l’expansion de notre infrastructure technique, et l’énergie nécessaire pour la faire fonctionner », a reconnu la société. En effet, pour refroidir et faire fonctionner ces milliers de serveurs ultra-puissants, la demande en électricité ne cesse d’augmenter, ce qui entrave les ambitions écologiques de Google.
En 2020, l’entreprise avait fixé un objectif ambitieux : atteindre le net zéro émission d’ici 2030 et faire fonctionner l’ensemble de ses activités grâce à des énergies bas carbone, 24 heures sur 24. Cependant, cet objectif semble de plus en plus éloigné. Malgré des investissements significatifs dans les énergies renouvelables, la technologie évolue plus rapidement que la transition des infrastructures électriques mondiales. « Notre déploiement d’infrastructures d’IA accélère actuellement plus vite que le réseau ne se décarbonise », a déclaré Google.
Malgré une réduction de 2 % de ses émissions directes, l’empreinte carbone globale de Google a augmenté. Les émissions indirectes, principalement dues à la construction des centres de données et à la fabrication de puces en Asie, ont crû de 25 %. Kate Brandt, directrice du développement durable chez Google, a résumé cette situation en disant : « Nous naviguons dans la tension entre hyper-croissance et intendance environnementale », tout en précisant que « le chemin […] ne sera pas linéaire ».
Pour atténuer son impact énergétique, Google mise sur l’optimisation de ses technologies. Sa septième génération de puces dédiées à l’IA, nommée Ironwood, est 30 fois plus efficace sur le plan énergétique que celle de 2018. De plus, l’entreprise affirme que l’empreinte carbone d’une requête textuelle sur son outil Gemini a été réduite de 44 fois en un an grâce à des avancées dans le matériel et le logiciel.
Cependant, ces efforts semblent insuffisants. Google a annoncé un accord pour relancer la centrale nucléaire de Duane Arnold, dans l’Iowa, afin d’asr une fourniture stable de 600 mégawatts d’électricité d’ici 2029. La société explore également des contrats dans la géothermie et finance des projets liés à la fusion nucléaire.
En somme, l’augmentation de l’empreinte carbone de Google est perçue comme un mal nécessaire, permettant de développer une intelligence artificielle qui pourrait, à terme, contribuer à la sauvegarde de la planète. Ce choix soulève des interrogations quant à la direction que prendront d’autres entreprises du secteur, telles que Microsoft et Amazon.
Source : Presse-citron
