Affaire Jordan Bardella : Anticor dépose plainte pour détournement de fonds publics
Dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens du Front National, ouverte en 2014, le tribunal judiciaire de Paris a reconnu, le 31 mars 2025, huit eurodéputés et douze assistants parlementaires coupables de détournement de fonds publics et de recel de cette infraction. Parmi les personnes concernées figurent Jordan Bardella, actuel président du Rassemblement National, et Férial Mostefaï, tous deux assistants parlementaires entre 2014 et 2015.
Durant cette période, Bardella a travaillé pour l’eurodéputé Jean-François Jalkh, tandis que Mostefaï était sous la direction de Florian Philippot. Malgré leur implication initiale dans l’affaire, aucun d’eux n’a fait l’objet de poursuites judiciaires.
Des allégations de falsification de documents ont émergé, relayées par le journaliste Tristan Berteloot dans un ouvrage publié le 14 septembre 2024. Il affirme que des pièces, censées prouver le travail parlementaire de Bardella et Mostefaï, auraient été fabriquées. Par exemple, un agenda attribué à Bardella aurait été acheté en 2018 et complété rétroactivement, tandis qu’un rapport sur les activités de Mostefaï aurait été rédigé en 2016 pour couvrir des périodes antérieures.
Ces révélations impliquent potentiellement un système de fabrication de preuves destinées à convaincre le Parlement européen de la réalité des activités parlementaires des deux individus. Selon Berteloot, l’avocat de Marine Le Pen, Maître Ghislain Dubois, aurait contribué à la rédaction de documents justificatifs et à la mobilisation d’assistants parlementaires pour créer des pièces antidatées.
Anticor, une association de lutte contre la corruption, a déposé plainte auprès du tribunal judiciaire de Paris le 9 janvier 2026, ciblant spécifiquement Bardella et Mostefaï. La procédure judiciaire se poursuit, avec un procès en appel qui s’est tenu du 13 janvier au 12 février 2026, et une décision attendue le 7 juillet 2026.
Les accusations portées par Anticor incluent le détournement de fonds publics, le faux et usage de faux, ainsi que l’escroquerie en bande organisée. Cette affaire s’inscrit dans un cadre plus large de soupçons de détournement de fonds publics européens destinés à financer les activités du Rassemblement National, soulevant des questions sur la gestion des deniers publics et le rapport du parti à la justice.
La plainte d’Anticor fait partie d’une série de procédures judiciaires et de dossiers financiers touchant le Rassemblement National, qui soulèvent des interrogations sur les pratiques de financement du parti et son interaction avec les institutions judiciaires.
Source : Tristan Berteloot, ouvrage publié le 14 septembre 2024 ; Tribunal judiciaire de Paris.
