La « remigration », nouvelle obsession de l’extrême droite européenne
C’est un concept politique qui émerge dans divers milieux d’extrême droite : la « remigration », qui désigne le retour forcé ou incité de populations dans leur pays d’origine. Bien que ce terme ne figure pas dans le programme du Rassemblement national (RN) en France, il est largement utilisé par plusieurs partenaires européens du RN.
À Milan, en Italie, un rassemblement organisé par le groupe « Patriotes pour l’Europe », affilié à Jordan Bardella, a vu ses membres scander « Remigrazione », un mot qui traduit la notion de remigration. Des participants expriment des opinions variées sur l’immigration, certains appelant à des mes strictes contre les étrangers en situation irrégulière.
La remigration, qui a pris forme dans les cercles identitaires au début des années 2010, est pensée en plusieurs étapes : d’abord le départ des immigrés clandestins, suivi de ceux ayant commis des crimes, et enfin des étrangers bénéficiant d’aides sociales sans travailler. Des partis comme Vox en Espagne vont plus loin en ajoutant un critère d’assimilation.
En France, Jean-Yves Le Gallou, ancien député européen, a relancé ce projet dans un ouvrage publié récemment, soulignant qu’il s’agit d’une démarche de souveraineté nationale. D’autres partis, comme l’AfD en Allemagne et le Vlaams Belang en Belgique, soutiennent également ce concept.
Jordan Bardella, président du RN, a exprimé son intérêt pour des mes similaires à celles mises en place en Pologne, où un mur de 5 mètres de haut a été construit pour empêcher l’entrée des migrants. Le programme du RN inclut la suppression du droit du sol et l’expulsion systématique des délinquants étrangers, bien que Bardella refuse d’utiliser le terme « remigration », le qualifiant d’ambigu.
Eric Zemmour, figure de la droite radicale, a proposé la création d’un ministère de la remigration, soulignant une volonté d’expulsions massives. Les défenseurs de cette politique cherchent à s’unir, avec des rencontres prévues pour renforcer leur influence à l’approche des élections.
Cette montée en puissance de la remigration dans le discours politique européen illustre une tendance inquiétante vers des politiques d’exclusion et de nationalisme, qui pourrait avoir des implications profondes sur les droits des immigrants et la cohésion sociale en Europe.
Source : Franceinfo
