Consigne : le gouvernement choisit le passage en force et met fin, de fait, à la concertation

Le gouvernement impose la consigne pour les bouteilles plastiques, suscitant la colère des élus et des défenseurs de l’environnement

Lors d’une conférence de presse tenue hier, des représentants d’associations d’élus, de défense de l’environnement et d’entreprises du recyclage (Fedderec) ont exprimé leur mécontentement face à la décision du gouvernement d’imposer la consigne pour les bouteilles en plastique. Jean-François Vigier, maire de Bures-sur-Yvette et vice-président de l’AMF, a déclaré : « Nous nous sommes aperçus que nous n’étions plus dans une réunion de concertation mais dans une réunion consacrée à la mise en œuvre de la consigne. » Cela signifie que le gouvernement a choisi de passer en force.

Le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a confirmé cette direction. Interrogé sur TF1, il a affirmé : « Non, pas sur le principe » en réponse à une question sur un éventuel recul concernant la consigne. Dans un post sur le réseau social X, il a annoncé que la mise en œuvre de la consigne sera obligatoire à partir du 1er janvier 2029.

Cette initiative, qui impose aux consommateurs de payer un montant supplémentaire pour chaque bouteille plastique et de les retourner dans des bornes automatiques, a été largement critiquée. Les associations d’élus soulignent que ce système présente des inconvénients pour les consommateurs et les collectivités. Les consommateurs devront non seulement payer plus cher, mais aussi se déplacer pour récupérer leur argent, alors qu’ils pourraient simplement déposer leurs bouteilles dans le bac jaune.

Les collectivités, quant à elles, risquent de perdre des revenus liés à la revente des bouteilles collectées, ce qui pourrait engendrer des coûts supplémentaires en raison de l’adaptation de leurs infrastructures. De plus, la mise en place de la consigne pourrait inciter certaines personnes à piller les bacs jaunes, augmentant ainsi les dépenses de nettoyage pour les communes.

Les critiques soulignent également que ce projet ne réduira pas l’utilisation du plastique, mais pourrait au contraire l’augmenter, au bénéfice des industriels. Les multinationales de la boisson, telles que Coca-Cola, pourraient tirer profit de ce système, avec une estimation de bénéfice net atteignant 1,12 milliard d’euros par an sur la base de 40 % des 14 milliards de bouteilles mises sur le marché chaque année.

Les représentants des associations ont exprimé leur intention de saisir le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour demander l’abandon de ce projet. Si la situation ne s’améliore pas, ils ont menacé de cesser de reverser à l’État la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes), ce qui pourrait conduire à un véritable bras de fer entre le gouvernement et les collectivités.

Source : AMF

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