Hier, nous avons réussi à éteindre deux départs de feu : des bénévoles patrouilleurs en forêt dans l’Aude
Alors que plusieurs départements du sud de la France sont en alerte maximale aux incendies, les équipes de patrouilleurs en forêts assistent les pompiers dans la prévention et la surveillance des départs de feu.
Publié le 04/07/2026 à 09:52
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La saison des feux de forêts a bel et bien commencé. Six départements du pourtour méditerranéen sont en alerte maximale et les pompiers sont sur le qui-vive. C’est le cas aussi des patrouilleurs en forêts, qui appartiennent aux comités communaux contre les feux de forêt. Ces bénévoles jouent un rôle indispensable dans la lutte contre les incendies, ainsi que dans la prévention et la surveillance des départs de feu.
À Lézignan-Corbières, dans l’Aude, Max et son équipe, vêtus de T-shirts et casquettes oranges, se préparent à partir en patrouille. L’accès aux forêts est interdit depuis le 2 juillet. Ils vérifient leur véhicule, un pick-up jaune, et s’asnt que tout fonctionne correctement, y compris la cuve d’eau de 400 litres à l’arrière et la lance à incendie. « Tout est en état de fonctionnement, on va pouvoir monter dans le véhicule », annonce Max.
Dans la voiture, la radio capte le PC Forêt, leur gestionnaire opérationnel. Les bénévoles passeront plusieurs heures à sillonner le massif. Ce rôle de vigie permet souvent d’éviter le pire. « Pas plus tard qu’hier, nous avons réussi à éteindre deux départs de feu qui auraient pu prendre des proportions importantes », raconte Max. Ces feux se trouvaient dans des broussailles en bord de route, probablement déclenchés par un mégot de cigarette mal éteint.
Max, Didier et Francis mettent pied à terre pour installer des barrières à l’entrée des chemins, car le massif est fermé au public. « Il y a un arrêté préfectoral pour interdire la pinède d’accès », explique Francis, tandis que Didier souligne le danger : « Regardez les brindilles, si on jette un mégot là-dedans, ça part ! »
Ces dernières années, l’accès à la pinède est resté interdit tout l’été, mais de nombreux promeneurs passent outre. « On tombe parfois sur des personnes récalcitrantes qui ne comprennent pas bien le sens de l’interdiction », déplore Max. « C’est pour leur sécurité. S’ils se font prendre au piège par les fumées, c’est dramatique. » Si les patrouilleurs rencontrent des promeneurs peu coopératifs, ils demandent d’abord de quitter la pinède, et en cas de refus, « on alerte les forces de l’ordre », précise Max.
Au total, 48 patrouilleurs se relaient sur la commune, tous bénévoles, souvent retraités. Francis, le dernier arrivé, déclare : « Il faut protéger ce massif, ce serait dommage qu’il prenne feu, donc si on peut aider à éviter ça. » Cet ancien fonctionnaire a pris part à cette initiative après l’incendie de l’an dernier dans le massif des Corbières, qui a ravagé 17 000 hectares. « Quand on voit les dégâts, c’est affreux. Ce sont de beaux paysages, donc ce serait vraiment dommage que ce soit détruit par des attitudes irresponsables. »
Pour éviter que leur pinède subisse le même sort, Francis et Didier repartent, jumelles autour du cou, à la recherche de la moindre fumerolle. Les bénévoles sont présents tous les jours de la semaine, de midi à 20 heures.
Source : Franceinfo
