Bordeaux sonne la résurrection du claret
Le claret, autrefois prisé au Moyen Âge, connaît un retour en grâce dans les vignobles de Bordeaux. Ce vin léger, frais et fruité, s’aligne avec les nouvelles attentes des consommateurs modernes, souvent en quête de « buva-bilité ». Les producteurs bordelais, confrontés à une crise commerciale persistante, cherchent à se réinventer pour répondre à ces nouvelles tendances.
Des jeunes qui ont soif de nouveauté
Au château Fontenille, situé à La Sauve-Majeure, Stéphane Defraine, propriétaire du domaine, propose désormais quatorze cuvées, un changement significatif par rapport aux trois produits disponibles il y a quinze ans. Cette évolution est en réponse à une concurrence mondiale de plus en plus féroce et à l’attrait des jeunes générations pour des vins innovants.
« C’est un excellent moyen de recruter de nouveaux clients, il peut devenir le trait d’union entre nos rouges et nos blancs », souligne Defraine. Le vigneron a récemment lancé un claret baptisé Blanc Bec, qui associe 70 % de merlot et 30 % de malbec en rosé. Ce vin n’est pas destiné à vieillir, mais à être consommé rapidement, en phase avec les préférences actuelles.
Un vin qui ne se la joue pas
Lors du dernier salon Wine Paris, le claret a été présenté comme un vin « sans cérémonial », accessible, et à un prix raisonnable. La filière girondine a ainsi réussi à séduire une quarantaine d’opérateurs, dont les Grands Chais de France, qui prévoient de produire 400 000 flacons cette année. Pour le premier millésime, un million de bouteilles seront mises sur le marché, avec des prévisions de production doublées pour 2026.
Stéphane Gabard, ancien président des Bordeaux et Bordeaux Supérieur, a également noté l’importance de s’adresser à des publics qui consomment du vin en dehors des repas, notamment pour accompagner de la street food.
Ce retour du claret semble donc répondre à une véritable demande, tout en s’inscrivant dans une dynamique de renouveau pour les vins de Bordeaux.
Source : Sud Ouest
