« Nous mettons en œuvre toutes les réformes exigées par l’UE et espérons que les États membres reconnaitront nos efforts », as la Présidente moldave
La Moldavie, avec une population de 2,8 millions d’habitants, fait face à des campagnes de désinformation russes lors de chaque élection. Toutefois, sa présidente pro-européenne, Maia Sandu, a été réélue en 2024, et son parti, « Action et solidarité », a remporté les élections législatives de septembre 2025 avec 50 % des voix, devançant le bloc patriotique pro-Kremlin, qui a obtenu 24 %.
« Malgré l’ingérence massive du régime du Kremlin dans les élections en Moldavie, les Moldaves ont su décider par eux-mêmes et ils ont choisi l’UE », a déclaré Maia Sandu, alors que la guerre hybride menée par la Russie se poursuit.
Une volonté renforcée par la proximité de la menace russe
La Moldavie, voisine de l’Ukraine, ressent le poids de la guerre qui dure depuis cinq ans, ce qui renforce son désir d’intégrer un espace politique plus protecteur. « Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, nous percevons plus clairement l’agressivité russe et comprenons les risques émanant de Moscou. Pour nous, l’Union européenne est synonyme de paix », a affirmé la présidente moldave.
Le conflit en Ukraine a également des répercussions sur la région séparatiste de Transnistrie, soutenue par la Russie, qui compte 305 000 habitants et représente 10 % du territoire national. Cette région a perdu son accès au gaz russe gratuit et dépend de plus en plus de Chisinau. « De plus en plus de résidents de Transnistrie traversent depuis la rive gauche du Dniepr pour chercher du travail et du soutien social dans le reste du pays. Nous pensons qu’une opportunité de réunification pourrait se présenter », a indiqué Maia Sandu.
L’Union européenne comme pôle d’espérance et d’unité
Maia Sandu voit dans l’adhésion à l’Union européenne une opportunité sur plusieurs fronts. « Nous voulons faire partie de l’UE pour préserver la paix, car l’UE est reconnue comme le projet de paix le plus abouti. L’UE nous permettra également de consolider notre démocratie, il est crucial pour nous de rester dans le camp du monde libre. Enfin, l’UE est une famille de pays qui ont réussi à améliorer le niveau de vie de leurs populations », a-t-elle souligné. La Moldavie bénéficie déjà de fonds de pré-adhésion pour soutenir son économie, affectée par le conflit en Ukraine.
Bien que la langue officielle soit le roumain, la présidente moldave n’écarte pas une éventuelle réunification avec la Roumanie, membre de l’UE depuis 2007, pour faciliter cette adhésion. « Nous mettons en place toutes les réformes exigées par l’UE et espérons que les États membres reconnaitront nos efforts. Si cela ne devait pas se concrétiser, nous envisageons diverses options alternatives, mais notre objectif principal reste d’intégrer l’Union », a-t-elle précisé.
La démission du premier ministre moldave, Alexandru Munteanu, le 3 juillet, pourrait poser un défi significatif pour Maia Sandu, qui insiste sur la nécessité d’un gouvernement capable de réaliser l’objectif d’intégration à l’UE.
Source : Public Sénat
