Elections en Nouvelle-Calédonie : le Parlement entérine une ouverture du corps électoral pour les

Elections en Nouvelle-Calédonie : le Parlement entérine une ouverture du corps électoral pour les « natifs »

Le texte adopté permet à environ 10 500 habitants de l’archipel, jusqu’alors privés de droit de vote aux élections provinciales, de participer au scrutin du 28 juin.

Le Parlement français a définitivement voté, le 20 mai 2026, une loi ouvrant partiellement le corps électoral des élections provinciales de Nouvelle-Calédonie. Cette décision intervient à quelques semaines d’un scrutin jugé crucial pour l’avenir de l’archipel. La proposition de loi a été adoptée par 386 voix contre 127 à l’Assemblée nationale, avec le soutien de divers partis, y compris l’extrême droite, la droite, les macronistes et les socialistes, tandis que La France insoumise, les communistes et les écologistes s’y sont opposés. Le Sénat avait précédemment voté en faveur de ce texte avec 304 voix pour et 20 contre.

La loi permettra à quelque 10 500 « natifs » calédoniens, actuellement exclus du droit de vote aux élections provinciales, de se rendre aux urnes. Parmi eux, plus de 4 000 « citoyens de statut civil coutumier », majoritairement kanak, avaient déjà pu voter lors des trois consultations référendaires en Nouvelle-Calédonie. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a souligné que cette exclusion du corps électoral pour le scrutin provincial n’avait « aucun sens ».

L’élection provinciale reposait jusqu’alors sur un corps électoral « gelé », réservé aux personnes justifiant de dix ans de résidence en 1998 et à leurs descendants. Le gouvernement avait envisagé d’élargir le corps électoral aux conjoints des Calédoniens, mais cette proposition a été rejetée. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a noté que 37 492 citoyens français inscrits sur les listes électorales générales ne pouvaient pas voter aux élections provinciales.

La question de l’ouverture du corps électoral est particulièrement sensible localement et a été un facteur déclencheur des émeutes ayant secoué l’archipel en 2024, causant 14 morts et des dégâts estimés à deux milliards d’euros. Après plusieurs reports, les élections provinciales, initialement prévues il y a deux ans, se tiendront le 28 juin.

Source : Franceinfo, 20 mai 2026.

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