Le pari perdu de Vladimir Poutine
La guerre en Ukraine a évolué, s’étendant désormais au cœur du territoire russe. Grâce à son industrie de défense, l’Ukraine est capable de frapper des cibles stratégiques telles que des raffineries, des infrastructures énergétiques, des usines d’armement et des centres logistiques, situés à des milliers de kilomètres de ses frontières. Ce conflit n’est plus uniquement vécu par les Ukrainiens ; les Russes commencent également à ressentir les effets de la guerre, découvrant ce que signifie vivre sous la menace constante.
Ce tournant est stratégique, non pas en raison d’une victoire militaire ukrainienne imminente, car les gains territoriaux restent limités et les bombardements russes continuent de frapper les positions ukrainiennes. Cependant, il remet en question le principal pari de Vladimir Poutine : mener une guerre tout en protégeant largement la société russe. Ce « bouclier » est en train de se fisr.
Les réponses du Kremlin témoignent d’une incapacité à réaliser des avancées décisives sur le terrain. En réponse, Moscou intensifie ses frappes sur les villes ukrainiennes, cherchant à semer la terreur. Cette approche, qui privilégie la terreur, indique une escalade de la violence contre les civils. Plus les options militaires se réduisent, plus la violence augmente. Cette situation ne reflète pas une force retrouvée, mais plutôt un pouvoir qui peine à envisager une alternative à l’escalade.
L’escalade actuelle ne produit ni victoire décisive ni négociation sérieuse, entraînant davantage de destructions et un risque d’embrasement permanent. Dans ce contexte, l’Europe ne peut plus se contenter de l’hésitation des États-Unis. Les Européens doivent renforcer les capacités de défense ukrainiennes tout en transformant ce nouvel équilibre de forces en levier diplomatique. Une paix imposée par Moscou consacrerait la loi du plus fort, tandis qu’une guerre sans perspective épuiserait progressivement les démocraties.
Il est impératif de construire une initiative européenne qui favorise l’ouverture de véritables négociations. Le moment où la guerre devient insoutenable pour tous est arrivé, et c’est également le moment où la diplomatie doit devenir une réalité.
Source : La Libre
