« Pas un tabou, un peu un totem » : Lescure n’exclut pas de « recentrer » le Crédit d’impôt recherche

Lescure n’exclut pas de « recentrer » le Crédit d’impôt recherche

Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a déclaré ce vendredi qu’il n’excluait pas de « recentrer » le Crédit d’impôt recherche (CIR) lors du prochain budget. Ce dispositif, considéré comme l’une des niches fiscales les plus coûteuses, pourrait être révisé, mais Lescure a précisé qu’une telle réforme ne pourrait se faire sans une baisse équivalente des prélèvements obligatoires.

Cette annonce a été faite lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, où le ministre participait à une table ronde sur la « renaissance d’un écosystème techno français ». Philippe Aghion, prix Nobel d’économie, a interrogé Lescure sur les modalités du CIR, soulignant qu’il n’était « pas bien ciblé ».

Aghion a déclaré : « C’est 7 milliards d’euros. Il faut le mettre à plat. Je ne dis pas qu’il faut le réduire, il faut l’examiner. On ne peut pas dire a priori  »je n’y touche pas » ». En réponse, Lescure a noté que le CIR n’était pas un « tabou », mais plutôt un « totem », rappelant qu’il était régulièrement discuté lors des projets de loi de finances.

Le ministre a concédé que le CIR finance peu d’innovations de rupture et beaucoup de recherches dites « lambda ». Il a contesté l’idée que des entreprises comme Carrefour aient besoin de ce crédit. Il a évoqué la possibilité de recentrer le CIR sur de véritables innovations de rupture, à condition de réduire les prélèvements obligatoires.

Concernant le remboursement du CIR, Lescure a indiqué qu’un débat aurait lieu lors du prochain budget. Il a précisé à l’AFP qu’il était « très réservé » à l’idée de recentrer cette niche fiscale sans une baisse équivalente des prélèvements.

Lors des précédents débats budgétaires, des députés de gauche avaient tenté de conditionner le CIR, proposant que les entreprises remboursent les montants perçus si elles transfèrent leurs activités à l’étranger ou réduisent significativement leurs opérations en France.

Source : Le Télégramme

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