Abandon : que dit ce geste de la souffrance des mères ?
Au XXe siècle, des centaines de milliers de mères ont abandonné leur enfant. Aujourd’hui encore, en France, environ 700 mères le font chaque année. Cette question suscite une forte émotion, souvent de la colère, mais surtout de l’incompréhension, bousculant l’idée d’un lien maternel naturellement indestructible.
Derrière chaque abandon se cache une histoire rarement entendue. Souvent étiquetées comme des femmes de mauvaise vie, ces mères font face à une détresse extrême, à la solitude, à la précarité, à la violence ou à des bless anciennes qui ressurgissent avec la maternité. Ces parcours invisibles sont souvent occultés par un jugement moral.
Avant d’être un fait divers, l’abandon d’un enfant soulève une question humaine et sociale : il met en lumière les limites de notre perception de la maternité, la vulnérabilité et le soutien nécessaire aux femmes en souffrance. Une mère qui abandonne son enfant renonce-t-elle toujours à être mère ? Ce geste peut-il être le signe d’une souffrance si profonde qu’elle dépasse notre compréhension ?
Pour approfondir ce sujet, l’historienne Martine Fauconnier-Chabalier, ancienne inspectrice de l’Aide sociale à l’enfance et autrice de Des mères singulières – Les mères qui abandonnent leur enfant (1900-2020), et la psychanalyste Virginie Megglé, autrice de Guérir de la peur de l’abandon, apportent des éclairages précieux.
Sources :
- RFI