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Face à la popularité croissante des produits enrichis en protéines, l’équipe de « Vrai ou Faux » a réalisé une enquête. Selon plusieurs nutritionnistes, il n’existe pas de « carence généralisée en ce qui concerne les protéines » en France, et les aliments proposés dans les supermarchés contiennent généralement peu plus de protéines que leurs équivalents classiques. Le phénomène est largement débattu sur les réseaux sociaux, alors que des produits industriels bien connus sont désormais disponibles en versions enrichies. Dans les rayons, les mentions de protéines se multiplient : céréales, pains, nouilles, laits et fromages sont désormais souvent présentés comme « protéinés ». Ces produits sont également souvent plus coûteux. Par exemple, des biscuits protéinés peuvent coûter deux fois plus cher que leurs versions classiques, tandis que les pâtes enrichies en protéines peuvent être trois fois plus chères que les pâtes traditionnelles. En examinant les étiquettes avec des nutritionnistes, on constate que la différence de contenu protéique est parfois minime : dans 100 grammes de fromage classique, il y a 22 grammes de protéines, contre 26 grammes dans la version enrichie. Pour le lait, la version classique contient 3,3 grammes de protéines pour 100 millilitres, contre 5 grammes dans la version enrichie. Selon Serge Hercberg, nutritionniste et fondateur du Nutri-Score, « les différences de teneur en protéines sont extrêmement faibles et n’ont vraiment aucun intérêt, si ce n’est un intérêt marketing ». Dans les céréales pour le petit-déjeuner, bien que l’on puisse trouver quelques grammes de protéines supplémentaires, la composition globale ne diffère pas de celle des versions traditionnelles. « Lorsque l’on compare les deux produits, on trouve les mêmes quantités de graisses saturées et de sucre. Cette tendance à la protéine peut donner une impression de santé à des produits qui ne le méritent pas », souligne Serge Hercberg. Interrogée sur l’intérêt nutritionnel de ces céréales, Nestlé a déclaré que « ce produit a été conçu pour s’intégrer dans un petit déjeuner équilibré, consommé avec du lait et idéalement un fruit », un argument qui pourrait s’appliquer à n’importe quelle céréale. Mais la question demeure : avons-nous réellement besoin de protéines supplémentaires ? En dehors des sportifs ou des personnes en état de malnutrition, un adulte doit consommer environ 0,8 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel. Pour une personne pesant 75 kg, cela correspond à 60 grammes de protéines par jour, soit l’équivalent d’un yaourt et deux tranches de pain de mie le matin, d’un blanc de poulet avec des pâtes le midi, et d’une portion de lentilles avec du fromage le soir. Des quantités qui sont souvent déjà dépassées, selon Chantal Julia, nutritionniste en santé publique, qui indique qu’en France, « il n’y a pas de carence généralisée en ce qui concerne les protéines. Nous avons plutôt tendance à en consommer en excès ». Pour un adulte en bonne santé, choisir des produits enrichis en protéines n’apporte donc pas de bénéfice significatif. Sources : Franceinfo, Inserm, Inrae.
