Kenya : Dans le Tsavo, les rangers au cœur de l’équilibre entre vie sauvage et communautés
Au Kenya, les régions de Tsavo et de Taita-Taveta abritent une faune variée, incluant éléphants, lions et hyènes. Ces territoires sont largement réservés à la vie sauvage, permettant à ces animaux de circuler entre les différents parcs. Les rangers et gardes communautaires jouent un rôle essentiel dans la cohabitation entre la faune et les communautés locales, en se consacrant à la prévention et à la médiation, en collaboration avec le Kenya Wildlife Service, l’autorité responsable de la protection de la faune.
La région de Taita-Taveta, située dans le sud-est du Kenya, compte environ 250 rangers répartis sur plusieurs aires de conservation. Ces gardes communautaires effectuent des patrouilles régulières pour lutter contre le braconnage. Benson Klalaghe, ranger dans la région, témoigne : « C’est un métier difficile, il faut avoir le cœur et la volonté de le faire. Sans cela, on pourrait abandonner dès le premier jour, rendre son uniforme et rentrer chez soi. » Il relate également une expérience périlleuse où il a été confronté à des braconniers armés.
Bien que la chasse à l’ivoire ait diminué, le commerce de la viande de brousse demeure préoccupant. Lors de leurs patrouilles, les rangers notent les animaux observés et surveillent leurs déplacements pour anticiper d’éventuels conflits avec les populations locales. Omaria Kenneth Anyang, coordinateur sécurité du poste de Kasigau, souligne l’absence de clôtures entre les aires de conservation et les communautés. Cela entraîne des intrusions d’éléphants dans les cultures, causant des destructions et mettant en danger les habitants. L’année dernière, trois personnes ont été tuées par des éléphants, et des attaques de lions et de hyènes sur le bétail ont également été signalées.
Ces incidents peuvent mener à des représailles contre la faune. Kenneth Anyang a observé des éléphants blessés et des carcasses empoisonnées pour tuer des lions. Les rangers, issus des communautés, jouent un rôle crucial de médiation. Ils participent à des réunions avec les villageois pour dialoguer et éviter les représailles, favorisant ainsi une sensibilisation sur les enjeux de conservation.
L’association qui regroupe les réserves, la Taita Taveta Wildlife Conservancies Association, se félicite d’une augmentation significative du nombre d’éléphants, passant de moins de 12 000 en 2005 à près de 16 000 aujourd’hui dans l’écosystème du Grand Tsavo.
Source : RFI
