Einstein détestait les trous noirs : une alternative sans singularité lui aurait plu
Une étude récente publiée dans Physical Review D propose une alternative aux trous noirs, que le physicien Albert Einstein considérait comme mathématiquement inacceptables. Les chercheurs suggèrent l’existence des gravastars, des objets aussi compacts que les trous noirs, mais sans singularité, stabilisés par l’énergie sombre.
La relativité générale prédit l’existence des trous noirs, mais Einstein a toujours eu des réserves à leur égard. Le problème central réside dans la singularité, un point unique où toute la masse d’une étoile mourante s’effondre, entraînant une courbure infinie de l’espace-temps. Pour Einstein, cette discontinuité représentait un « malheur inimaginable pour la théorie ».
Les gravastars, introduits en 2001, ont été conçus pour contourner ce problème. Bien qu’ils ressemblent extérieurement à des trous noirs, leur intérieur est constitué d’énergie sombre, une force hypothétique responsable de l’expansion accélérée de l’univers. Cette caractéristique permet de maintenir la stabilité de l’objet et d’éviter l’effondrement.
Cependant, la question de leur formation restait sans réponse. Daniel Jampolski et Luciano Rezzolla de l’Université Goethe en Allemagne affirment avoir développé un modèle de formation d’une gravastar à partir de l’effondrement gravitationnel d’un nuage de matière sphérique, respectant les principes de la relativité générale.
Une découverte notable de cette étude est que la formation d’une gravastar pourrait provoquer une explosion similaire au Big Bang, en créant un nouveau « mini-univers » à l’intérieur de l’objet en formation.
Les chercheurs précisent que les gravastars ne remplacent pas les trous noirs, qui demeurent la solution la plus simple pour le destin d’une étoile en fin de vie. Les gravastars nécessitent des conditions spécifiques pour se former, et tant qu’aucune observation ne confirme leur existence, leur modèle reste théorique. Néanmoins, cette recherche ouvre une nouvelle voie pour comprendre le destin des étoiles mourantes, en ajoutant une option aux côtés des étoiles à neutrons et des trous noirs.
Source : Physical Review D
