Les Français épargnent 353 milliards d’euros par an, mais une partie de cet argent fond en silence
En 2025, les ménages français ont épargné 353 milliards d’euros, un montant révélé par un document de la Fédération bancaire française. Ce chiffre représente environ trois quarts du budget annuel de l’État. Malgré l’un des taux d’épargne les plus élevés de la zone euro, avec environ 18 % du revenu disponible brut, une part significative de cette épargne perd de la valeur quotidiennement.
Plus de 1 200 milliards d’euros rémunérés en dessous de l’inflation
Le Livret A, le placement le plus courant en France, offre un taux de 1,5 % depuis février 2025. Cependant, avec une inflation atteignant 2,4 % en mai 2026, le rendement réel est négatif de 0,9 point. Pour un Livret A au plafond de 22 950 euros, cela correspond à une perte de pouvoir d’achat de 207 euros sur une année.
Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) suit une tendance similaire, totalisant 610,3 milliards d’euros rémunérés en dessous de l’inflation. Parallèlement, près de 600 milliards d’euros sont placés sur des comptes courants, sans aucune rémunération. À un taux d’inflation de 2,4 %, cette somme entraîne une perte de 14,4 milliards d’euros de pouvoir d’achat par an. Au total, plus de 1 200 milliards d’euros d’épargne française se trouvent aujourd’hui en rendement réel négatif.
Les flux basculent lentement
D’après les données de la Fédération bancaire française, un changement des flux d’épargne est en cours. Au premier trimestre 2026, les livrets réglementés ont enregistré une décollecte nette de 10,3 milliards d’euros, en hausse par rapport à 6,2 milliards au trimestre précédent. Pendant ce temps, l’assurance-vie a attiré 18,3 milliards de cotisations en mars 2026, marquant une augmentation de 17 % sur un an.
Le rendement réel dans l’oubli
Il est notable que les Français épargnent dans des enveloppes qui ne protègent plus leur pouvoir d’achat, sans que cela soit clairement signalé dans les informations fournies. Aucun relevé bancaire ne mentionne le rendement réel, qui prend en compte l’inflation. La Direction générale du Trésor indique que 90 % du patrimoine financier des ménages est orienté vers l’économie réelle, mais cela ne bénéficie pas directement aux épargnants.
Les 353 milliards d’euros épargnés en un an témoignent d’un effort considérable. Cependant, tant que le rendement réel ne sera pas indiqué sur les relevés d’épargne, des centaines de milliards resteront dans des enveloppes qui, bien qu’assurant la valeur faciale, perdent en valeur réelle.
Source : Les Echos, Fédération bancaire française
