Enquête ouverte après des accusations de violences et de harcèlement à la prison de Condé-sur-Sarthe
Une enquête a été lancée suite à la plainte de six détenus pour violences et harcèlement moral au sein de la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe, située dans l’Orne. La procureure de la République, Gwenaelle Coto, a confirmé que l’enquête est « en cours » au commissariat d’Alençon.
Les plaignants accusent la direction et le personnel pénitentiaire de la prison d’adopter des pratiques visant à « humilier » et « déshumaniser » les détenus au sein du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO). Ces allégations, révélées début juin, mettent en lumière des conditions de détention qui, selon les détenus, visent à briser leur résistance.
Les QLCO, instaurés après la loi contre le narcotrafic, sont des établissements récents en France, le premier ayant ouvert à Vendin-le-Vieil en juillet 2025, suivi par celui de Condé-sur-Sarthe en octobre 2025. Ces quartiers sont conçus pour isoler des détenus jugés hautement impliqués dans la criminalité organisée, selon un régime inspiré de la lutte antimafia en Italie. La Chancellerie a précisé que ce régime a été validé par le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel.
Pratiques dénoncées
Les six plaignants rapportent des fouilles à nu systématiques, un accès à la promenade soumis à l’arbitraire des surveillants, ainsi qu’un manque d’activités. Les agents, souvent cagoulés, s’adresseraient à eux de manière brutale et sans courtoisie. Les détenus affirment que ces pratiques visent à les « intimider », ainsi que leurs proches. Ils dénoncent également des fouilles humiliantes lors des visites, y compris pour les enfants.
L’avocate des détenus, Marie Violleau, a salué l’ouverture de l’enquête, espérant que cela permettra de mettre en lumière des abus souvent invisibles. Elle a souligné la difficulté pour la Justice de pénétrer cet environnement opaque, tout en exprimant l’espoir que cette situation montre l’indépendance du système judiciaire.
Les plaignants sont principalement des individus accusés ou condamnés pour des infractions liées au trafic de stupéfiants, à l’association de malfaiteurs criminelle ou à des règlements de compte.
Conclusion
Cette affaire soulève des questions importantes sur les conditions de détention et les droits des prisonniers en France, mettant en lumière la nécessité de garantir la protection des droits humains au sein des établissements pénitentiaires.
Source : AFP