Masculinisme et complotisme : un phénomène inquiétant
Le 112e épisode du podcast Complorama aborde la montée du masculinisme et son lien avec le complotisme, en mettant en lumière deux attentats récents, l’un à San Diego, en Californie, et l’autre à Montréal, au Canada. Les auteurs de ces actes violents étaient liés à la communauté incel, un groupe de « célibataires involontaires » qui blâment les femmes pour leurs échecs personnels. Ce masculinisme, considéré comme une idéologie antiféministe, véhicule des thèses sexistes, souvent racistes et complotistes.
En France, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a récemment tiré la sonnette d’alarme, qualifiant le masculinisme de « menace terroriste ». Un rapport du Sénat, publié fin juin, appelle à « réveiller les consciences » face à cette menace, la qualifiant de « risque réel pour notre démocratie ».
Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch, souligne que le masculinisme adopte une structure complotiste. Il cite le documentaire The End of Men, réalisé par Tucker Carlson, qui présente la baisse du taux de testostérone comme un complot délibéré. Selon lui, ce type de raisonnement, qui passe de l’observation à l’intentionnalité, est caractéristique du complotisme.
Les figures influentes du masculinisme, comme les frères Tate et Nick Fuentes, sont souvent également conspirationnistes. En France, Alain Soral est l’un des précurseurs de ce mouvement, tandis que de nouvelles personnalités, comme « le Raptor » sur YouTube, promeuvent des discours virilistes et complotistes. Ce dernier a été récemment visé par une saisine de l’Arcom pour son contenu, illustrant les tensions croissantes autour de ces idéologies.
Le masculinisme se présente aussi comme un marché économique, où des remèdes sont proposés pour des maux perçus, reflétant un modèle économique similaire à celui du complotisme.
Pour écouter le podcast sur ce sujet, rendez-vous sur le site de Franceinfo ou sur les plateformes de streaming.
Source : Franceinfo
