Vague de chaleur : l’indicateur thermique national, le « thermomètre » du climat français

Vague de chaleur : l’indicateur thermique national atteint des sommets en mai 2026

La France a enregistré le 25 mai 2026 la journée de mai la plus chaude de son histoire. À Nantes, le thermomètre a frôlé les 35 °C, tandis qu’à Brest, il a atteint 33 °C, dépassant de plus de dix degrés les normales saisonnières. Au total, 352 stations météorologiques ont battu des records mensuels, principalement dans l’ouest du pays, selon Météo France.

Cette vague de chaleur a été officialisée par un indicateur moins connu : l’indicateur thermique national (ITN), qui a dépassé les 24 °C en moyenne sur le territoire. C’est une première pour un mois de mai, battant un record établi en 1944. Cet outil, utilisé depuis 1947, permet de déterminer si la France subit une vague de chaleur.

L’ITN est calculé quotidiennement à partir des températures minimales et maximales relevées dans 30 stations de référence à travers la France métropolitaine. Ces stations sont situées dans des zones de plaines, afin d’éviter l’influence des microclimats locaux. Créé par Météo France et EDF, cet indicateur visait initialement à anticiper les besoins en électricité en fonction des températures.

Depuis 1945, l’ITN constitue une archive climatique précieuse. De 1950 à 1980, il oscillait autour de 11,5 à 12 °C en moyenne annuelle. À partir de la fin des années 1980, une tendance à la hausse s’est installée, avec un ITN annuel dépassant 13 °C pour la première fois en 1989. Les années 2000 ont vu une accélération du réchauffement, avec les dix années les plus chaudes depuis 1945 toutes enregistrées après 2000. En 2022, l’ITN a atteint un record de 14,5 °C.

Le réchauffement climatique observé en France est plus rapide que la moyenne mondiale, avec une augmentation de 2,2 °C entre 2015 et 2024 par rapport à l’époque préindustrielle. Les conséquences sont déjà visibles : le nombre de jours de vague de chaleur a été multiplié par six par rapport à la période 1961-1990, tandis que les vagues de froid se sont raréfiées.

D’ici 2050, les prévisions indiquent un réchauffement de 2,7 °C en France par rapport à l’époque préindustrielle, suggérant que la température annuelle de 13,9 °C observée en 2024 sera dépassée plus d’une année sur deux.

Source : Météo France, La Croix.

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