Esport à l’école : révolution pédagogique ou aberration ?
La récente annonce d’une stratégie nationale Esport 2026-2030, intégrant un volet pour l’éducation nationale, suscite de vives réactions. La question de l’intégration des compétitions de jeux vidéo dans les établissements scolaires est au cœur des débats, notamment face à une mouvance anti-écrans croissante.
Certaines applications sont déjà reconnues pour leur efficacité dans l’amélioration des compétences de lecture ou pour aider les élèves en situation de handicap. Toutefois, des opposants soulignent le risque d’une sédentarité accrue, liée à des problèmes de santé comme le surpoids ou l’obésité. Cependant, il est à noter que les élèves passent déjà en moyenne six heures par jour assis en classe, sans que cela ne soulève de préoccupations similaires.
La question cruciale est de savoir quel temps l’esport remplacerait dans l’emploi du temps scolaire et quels effets cette substitution pourrait avoir. Si l’esport devait être intégré dans les cours d’éducation physique, cela pourrait effectivement réduire l’activité physique, ce qui serait problématique. À l’inverse, s’il se substitue à d’autres matières, il est nécessaire de fournir des preuves tangibles de sa valeur pédagogique.
Actuellement, la stratégie nationale ne prévoit pas d’intégration de l’esport dans les programmes scolaires, mais évoque plutôt des activités périscolaires. Cela soulève la question de l’attrait de l’esport par rapport à d’autres activités sportives ou culturelles. Des études rigoureuses seraient nécessaires pour évaluer l’intérêt de l’esport par rapport à d’autres options disponibles.
En parallèle, les jeux vidéo, qu’ils soient pratiqués pour le loisir ou la compétition, ne sont pas intrinsèquement nuisibles. Beaucoup d’enfants y jouent déjà sur leur temps libre, et pour certains, cela empiète sur d’autres activités essentielles à leur développement, comme le devoir scolaire ou le sport. L’introduction de l’esport pourrait inciter certains élèves à passer encore plus de temps devant les écrans.
Dans ce contexte, l’intérêt d’introduire des jeux vidéo dans des périodes réservées à d’autres activités reste flou. En l’absence de preuves convaincantes de leur plus-value cognitive ou pédagogique, il serait prudent de maintenir l’esport à l’extérieur des établissements scolaires.
Source : L’Express