Takata : Coûts cachés d’un airbag défectueux
Un homme de 41 ans a perdu la vie le 22 janvier 2025 à Cranves-Sales, en Haute-Savoie, suite à l’explosion de son airbag Takata. Ce dispositif, censé protéger, a projeté des éclats métalliques mortels dans l’habitacle. Ce tragique incident, le troisième décès lié à ce problème en métropole, met en lumière une réalité économique préoccupante : plus d’un million de véhicules circulent encore en France avec ces airbags défectueux, exposant leurs propriétaires à des coûts financiers souvent méconnus.
Un accident mortel qui ravive les craintes économiques
La Citroën C3 de 2013 impliquée dans l’accident était sous une me de « stop drive » depuis fin 2024. Son propriétaire avait reçu plusieurs courriers de rappel, et cette mention était présente sur son procès-verbal de contrôle technique. Malgré cela, le véhicule était encore en circulation. L’airbag Takata, dont le propulseur au nitrate d’ammonium s’était dégradé, a explosé lors du déclenchement, transformant une me de sécurité en un danger mortel. Le ministère des Transports a confirmé que le propriétaire avait été informé par plusieurs courriers.
Un million de véhicules à risque
Actuellement, plus d’un million de véhicules équipés d’airbags Takata défectueux circulent en France. Ce scandale, qui perdure depuis plus de dix ans, a provoqué 47 accidents et 22 décès dans le pays, dont 18 en outre-mer. Takata, le sous-traitant japonais impliqué, est aujourd’hui en faillite et a fourni ces dispositifs à plus de 30 constructeurs automobiles.
Les vrais coûts du scandale Takata
Les propriétaires de véhicules concernés font face à des augmentations de primes d’assurance pouvant atteindre 15 à 25 % sur leur police auto. Certains asurs refusent même de couvrir les dommages liés à l’airbag tant que le remplacement n’est pas effectué. Pour un contrat annuel moyen de 600 euros, cela représente une augmentation de 90 à 150 euros par an. Sur une période de trois ans, les surcoûts cumulés peuvent dépasser 450 euros.
Sur le marché de l’occasion, un véhicule soumis à rappel Takata subit une décote moyenne de 8 à 12 % par rapport à un modèle équivalent sans ce défaut. Pour une Citroën C3 de 2013 valorisée à 7 000 euros, la perte peut varier entre 560 et 840 euros. Les acheteurs exigent souvent une preuve de remplacement de l’airbag ou négocient le prix à la baisse.
Bien que les constructeurs soient censés couvrir le remplacement des airbags défectueux, des frais annexes subsistent, tels que l’immobilisation du véhicule et la location d’un véhicule de remplacement, non couverte par le constructeur. Les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous en concession peuvent dépasser six semaines, aggravant le préjudice économique.
La contre-visite obligatoire
Depuis le 1er janvier 2025, les véhicules équipés d’airbags Takata en « stop drive » sont automatiquement soumis à une contre-visite lors du contrôle technique. Le coût de cette contre-visite varie entre 25 et 40 euros, et si le propriétaire ne fait pas remplacer l’airbag dans les deux mois, une nouvelle contre-visite est requise, entraînant des frais supplémentaires. Un automobiliste négligent pourrait débourser jusqu’à 120 euros supplémentaires en contre-visites.
La me de « stop drive » interdit l’usage du véhicule tant que l’airbag n’est pas remplacé, ce qui peut avoir des conséquences économiques dramatiques pour les ménages, notamment en milieu rural où les transports en commun sont rares.
Constructeurs en difficulté
Les constructeurs automobiles rencontrent des difficultés pour traiter les rappels. Certains ateliers ne peuvent traiter que cinq à dix véhicules par semaine, ce qui pourrait entraîner plusieurs années avant une résolution complète de la situation. Les associations de consommateurs dénoncent une gestion défaillante d’une crise prévisible.
Conclusion
Il est essentiel que les propriétaires vérifient si leur véhicule figure sur la liste des modèles concernés et prennent rendez-vous pour le remplacement de l’airbag. Conserver tous les justificatifs de frais engagés peut être crucial pour d’éventuelles actions en indemnisation.
Source : Franceinfo, Le Parisien.
