« Toutes les plantes vont mourir » : la sécheresse précoce inquiète les paysans

Toutes les plantes vont mourir : la sécheresse précoce inquiète les paysans

Mendionde (Pyrénées-Atlantiques), reportage

La situation est alarmante dans les Pyrénées-Atlantiques, où la sécheresse précoce a déjà des conséquences désastreuses sur l’agriculture. Cette année, les sols, habituellement riches et verdoyants, sont craquelés dès le mois de juin. Martin Lebourgeois, éleveur de brebis, témoigne : « En dix étés passés ici, je n’ai jamais vu ça. » L’herbe est devenue orange, et les animaux se nourrissent de foin séché sur pied.

Dans les vallées, les viticulteurs, comme Ximun Bergouignan, doivent irriguer leurs vignes, une situation inhabituelle dans cette région où l’on lutte habituellement contre le mildiou. Les feuilles de certaines vignes ont déjà commencé à tomber, affectant gravement la production.

Benoît Cavillon, maraîcher à Mendionde, a récemment inauguré un bassin de stockage des eaux de pluie de 2 500 m³. Cependant, le niveau de ce bassin a chuté, le contraignant à se connecter au réseau de la ville pour irriguer ses cultures. Il déclare : « Si on n’arrose pas, toutes les plantes vont mourir. On a déjà de la perte. »

Ce phénomène de précocité des sécheresses a conduit la préfecture à organiser un comité sécheresse. Les rivières locales, comme le gave de Pau, affichent déjà des niveaux d’eau préoccupants. Des restrictions sur les prélèvements d’eau dans les milieux naturels sont mises en place, mais l’eau du robinet reste pour l’instant épargnée.

La situation est d’autant plus critique que 95 départements français sont soumis à des restrictions d’eau. En juin 2026, un déficit de pluie de -47 % par rapport aux normales de saison a été enregistré. Les prévisions indiquent des températures élevées et peu de précipitations à venir, exacerbant les craintes des agriculteurs.

Les conséquences de cette sécheresse ne se limitent pas à la perte de récoltes. Les éleveurs doivent désormais acheter du fourrage pour nourrir leurs animaux, ce qui impacte leurs finances. La nécessité d’adapter les cultures à cette nouvelle réalité climatique est de plus en plus pressante. Benoît Cavillon souligne l’urgence d’une prise de conscience collective et d’un soutien politique pour faire face à ces défis.

Source : Reporterre

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