En Tunisie, la fraude au baccalauréat devient un “phénomène”

En Tunisie, la fraude au baccalauréat devient un phénomène

En dépit d’un arsenal sécuritaire renforcé et d’un black-out d’Internet visant à limiter la triche lors du baccalauréat cette année, une enquête de Nawaat recense près de 955 cas de fraude, contre 508 l’année précédente. Lors de la session principale, dès les premières minutes des épreuves, les sujets de l’examen de philosophie étaient déjà relayés sur les réseaux sociaux, révélant des pratiques qui mettent en lumière une fraude organisée par des réseaux.

Selon Nawaat, « une sorte de marché informel s’est constitué autour des examens nationaux, selon ses propres règles », exploitant la demande croissante pour ses prestations et la pression psychologique subie par de nombreux élèves et leurs familles. Pour son enquête, Nawaat a infiltré des groupes privés sur les réseaux sociaux, notamment sur Telegram, où des offres attirent les candidats.

Lumière sur les failles du système éducatif

En se faisant passer pour un client potentiel, Chaker Jahmi, l’auteur de l’enquête, a rencontré un intermédiaire prêt à lui « vendre » divers services. Ces prestations vont de la simple correction d’un examen à ce qui est communément appelé en Tunisie « le kit », un « système électronique miniature spécialement conçu pour être utilisé dans des actes de triche au centre d’examen ». Ce dispositif, miniaturisé et sophistiqué, échappe aux moyens classiques de surveillance, et son coût varie entre 200 et 800 dinars (environ 60 à 240 euros), selon la demande.

Pour Nawaat, il ne fait aucun doute qu’à cette échelle, il s’agit d’une activité lucrative bien organisée. L’intermédiaire a même proposé de fournir les sujets des épreuves de la session à venir, un système bien rodé où le client est invité à payer une somme avant que le « service » ne soit débloqué.

Les spécialistes interrogés par Nawaat soulignent que ce phénomène de triche met en exergue les dysfonctionnements du système éducatif tunisien. Cependant, le régime privilégie une réponse répressive, entraînant l’arrestation de plusieurs élèves et complices.

Source : Nawaat

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *