Les plantes survivront encore 1,8 milliard d’années — les dernières seront des orchidées et des succulentes
La vie végétale sur Terre pourrait perdurer pendant encore 1,8 milliard d’années, selon une étude récente publiée dans JGR Atmospheres. Ce délai est bien plus long que les estimations précédentes, qui prévoyaient la fin de la biosphère photosynthétique dans environ 100 millions d’années. Les chercheurs ont utilisé 29 modèles climatiques pour établir cette nouvelle échéance, prenant en compte des plantes capables de survivre avec des concentrations de CO2 extrêmement faibles.
Le Soleil, qui produit aujourd’hui environ un tiers d’énergie de plus qu’à la naissance du système solaire, continuera d’augmenter son éclairement jusqu’à sa mort, prévue dans environ 5 milliards d’années. Cette intensification lumineuse représente une menace pour la photosynthèse et, par conséquent, pour la vie végétale sur notre planète.
L’étude met également en lumière le paradoxe du thermostat terrestre : lorsque les températures augmentent, la Terre absorbe davantage de CO2 atmosphérique et le stocke dans les roches, maintenant une température relativement stable depuis 4 milliards d’années. Cependant, cette régulation pourrait conduire à une famine en CO2 pour les plantes, affectant leur capacité à réaliser la photosynthèse.
Les chercheurs ont envisagé deux scénarios extrêmes : une Terre trop chaude pour la vie mais avec une concentration de CO2 stable, et une Terre suffisamment fraîche mais dépourvue de CO2. Entre ces deux pôles, ils ont évalué diverses situations intermédiaires.
Les orchidées et les succulentes, qui utilisent le métabolisme acide crassulacéen, sont identifiées comme les dernières survivantes, capables de se maintenir avec de très faibles concentrations de CO2. Ces espèces pourraient donc prolonger l’extinction de la biosphère jusqu’à la limite de 1,8 milliard d’années, période à laquelle la Terre pourrait perdre ses océans, soit par évaporation incontrôlée, soit par dissociation des molécules d’eau sous l’effet des radiations.
Les résultats de cette étude sont des estimations générales, et les experts soulignent qu’il est impossible de prédire avec précision comment la biosphère évoluera face à des conditions radicalement différentes sur des milliards d’années.
Source : JGR Atmospheres
