Au musée de la photo de Nice, Claudia Bevilacqua met en scène une certaine idée de la « Dolce Vita » nissarde
Du 4 juillet au 6 septembre, la galerie du musée de la Photographie Charles Nègre à Nice accueille une exposition de la photographe italienne Claudia Bevilacqua. Intitulée « La Dolce Nizza », cette série en noir et blanc propose une interprétation contemporaine de l’imaginaire méditerranéen, mêlant mise en scène photographique et références au cinéma italien.
Sous l’objectif de Claudia Bevilacqua, Nice se transforme en un théâtre où les figures féminines occupent le devant de la scène. Les photographies capturent des femmes déambulant sur la Promenade des Anglais, partageant des repas face à la mer, ou parcourant les allées du cours Saleya et les ruelles du Vieux-Nice. Les chapeaux à larges bords, les robes flottantes et les maillots de bain rétro évoquent une esthétique familière, sans pour autant constituer une reconstitution historique.
Les images, soigneusement composées, revendiquent leur caractère fictionnel. Elles ne relèvent ni du reportage documentaire ni de la photographie de mode, mais mettent en scène des situations ordinaires rehaussées de légèreté. Le choix du noir et blanc accentue cette dimension intemporelle, évoquant à la fois les classiques du cinéma italien et certaines photographies humanistes contemporaines.
Claudia Bevilacqua, originaire de Gallinaro dans le Latium, a quitté l’Italie à 25 ans pour s’installer en France. Après une carrière dans la finance et plus de treize années passées sur la base spatiale de Kourou en Guyane, où elle a été la première femme à diriger une entreprise, elle s’est consacrée entièrement à la photographie en 2019. Son œuvre explore diverses cultures à travers une approche centrée sur les individus.
La découverte de Nice en 2018 a ouvert un nouveau chapitre dans sa recherche photographique. La culture proche de son Italie natale, la lumière méditerranéenne, les marchés et le rythme de la vie quotidienne ont progressivement nourri sa nouvelle série. Installée près du cours Saleya, elle fait de Nice le décor d’un récit visuel où la notion de dolce vita devient un langage photographique, loin des clichés touristiques.
Cette exposition, présentée à la galerie du musée de la Photographie Charles Nègre, interroge la fabrication des images et leur pouvoir d’évocation. Entre réalisme et fiction, les compositions de Bevilacqua invitent à redécouvrir Nice à travers une mémoire collective enrichie par le cinéma, la culture italienne et l’idée d’une douceur méditerranéenne persistante.
Source : Petites Affiches
