Les Pyrénées-Orientales : Un éventuel plan B pour accueillir les orques de Marineland
En cas d’échec du transfert vers l’Espagne, la ministre de la Transition écologique a évoqué, lors d’une réunion à Banyuls-sur-Mer, la possibilité d’un sanctuaire marin dans le parc marin du golfe du Lion. Cette hypothèse a été jugée irréaliste par les responsables du parc et les scientifiques présents.
Le 20 juin, Monique Barbut a abordé un sujet inattendu lors de son déplacement à Banyuls-sur-Mer, où elle a discuté de la construction d’un enclos marin pour accueillir les deux orques du Marineland d’Antibes, Wikie et Keijo, qui sont en attente d’un nouveau lieu de vie depuis la fermeture du parc en 2025. Selon plusieurs participants, l’État pourrait soutenir un tel projet à hauteur de deux millions d’euros pour maintenir les orques dans un vaste enclos marin, avec une association responsable de leur alimentation quotidienne. Un participant a décrit la situation comme « hallucinante ».
Cependant, le cabinet de la ministre a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une proposition officielle. « La seule option envisagée aujourd’hui reste un transfert vers l’Espagne », a-t-il déclaré, soulignant que tant que les orques ne quitteraient pas un bassin en dégradation, il serait irresponsable de négliger toutes les pistes possibles.
Le président du Parc naturel marin du golfe du Lion, Serge Pallares, a rapidement écarté cette option, affirmant que les orques n’arriveraient jamais dans son parc. Il a ajouté que cette question ne figurait pas à l’ordre du jour de la réunion, à laquelle la presse n’était pas conviée.
Élodie Magnanou, biologiste et membre du conseil scientifique du parc, a souligné le caractère inédit d’un tel dispositif, notant qu’il n’existe pas en France de nasse en pleine mer pour accueillir des orques. Elle a évoqué de nombreuses inconnues scientifiques, notamment la nécessité de construire une structure robuste pour empêcher toute fuite et garantir la survie des orques, qui présentent des fragilités dues à leur vie en captivité.
Les conséquences écologiques d’une telle installation dans un espace marin protégé ont également été mises en garde. Une alimentation régulière pourrait entraîner l’accumulation de déjections sous la structure, affectant l’environnement marin. De plus, les émissions sonores des cétacés pourraient perturber d’autres espèces de mammifères marins.
L’association One Voice, qui milite pour la création de sanctuaires pour les cétacés captifs, a exprimé des doutes quant à la faisabilité d’un sanctuaire en Méditerranée, soulignant que Wikie et Keijo nécessitent une eau froide et de vastes espaces de nage. La présidente de l’association a suggéré qu’un sanctuaire méditerranéen pourrait être plus adapté pour les 12 dauphins encore hébergés à Marineland, également en attente d’un nouveau lieu de vie.
Depuis la fermeture définitive de Marineland, l’avenir de Wikie et de Keijo reste incertain. Le parc a demandé leur transfert vers des établissements étrangers, notamment en Espagne, mais l’État, qui s’est longtemps opposé à ces transferts, a finalement donné son feu vert en mai dernier. Cependant, le projet tarde à se concrétiser.
Les installations de Marineland continuent de se dégrader, et les associations de protection animale et scientifiques alertent sur l’urgence de trouver une solution durable qui concilie le bien-être des orques et la préservation des écosystèmes marins.
Source : Ici.fr