La Chine, numéro 1 mondial ? Plus pour longtemps

La Chine, numéro 1 mondial ? Plus pour longtemps

Dans les années 1980, le Japon était perçu comme le modèle économique le plus performant, promis à dominer le monde. Aujourd’hui, la Chine émerge comme le nouveau prétendant à ce statut, notamment depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir et les guerres commerciales qui ont suivi.

L’ascendant chinois est indéniable sur les plans économique, commercial et technologique. Selon le FMI, le PIB chinois atteint 41 240 milliards de dollars en parité de pouvoir d’achat, contre 30 770 milliards pour les États-Unis et 17 260 milliards pour l’Inde, qui se classe désormais au troisième rang mondial. De plus, les exportations chinoises représentent 12 % du commerce mondial, presque le double de celles des États-Unis.

Une page se tourne

La Chine doit cette position à sa puissance industrielle, qui constitue un tiers de la valeur manufacturière mondiale, contre 9 % en 2004. Cette hégémonie est particulièrement marquée dans des secteurs stratégiques comme l’électronique, bien que les semi-conducteurs de pointe demeurent un domaine où la Chine peine à se faire une place. Toutefois, l’innovation technologique commence à remplacer le « prix chinois » qui a longtemps dominé. Shenzhen, par exemple, se positionne comme un centre d’innovation dans l’intelligence artificielle, les télécoms et les véhicules électriques.

Cependant, deux défis majeurs se dressent devant la Chine.

Une puissance incomplète

La puissance chinoise n’est pas complète. Pékin est conscient que le statut de superpuissance économique nécessite une hégémonie dans les domaines monétaire, financier, militaire et géopolitique. Malgré des avancées technologiques, la Chine ne rivalise pas encore pleinement avec les États-Unis ou l’Europe dans ces domaines. Les efforts de Pékin pour se positionner comme un acteur diplomatique clé sont souvent entravés par des contradictions, comme en témoigne son incapacité à défendre des alliés stratégiques tels que l’Iran ou le Venezuela.

Les succès d’aujourd’hui sont les dividendes d’hier. Mais demain ?

La chute du Japon, causée en partie par l’appréciation du yen, est une leçon que les économistes chinois méditent. Le yuan est jugé sous-évalué, de 20 à 40 % selon certaines études. Par ailleurs, les succès économiques actuels reposent sur des bases qui pourraient s’effriter. La période maoïste a contribué à créer un capital humain et physique significatif, mais le modèle économique qui a fonctionné pendant quarante-cinq ans présente désormais des contradictions qui soulèvent des doutes sur la pérennité de cette ascension.

Des moteurs au point mort

Actuellement, les moteurs économiques de la Chine montrent des signes de faiblesse. La consommation interne reste stagnante malgré un plan de relance post-Covid de 4 000 milliards de dollars, et l’investissement est en baisse. La crise immobilière, qui a longtemps soutenu l’économie, génère désormais des effets négatifs. Les ménages, face à la baisse des prix de l’immobilier, tentent de reconstituer leurs économies, affectant ainsi la consommation.

Le vieillissement rapide de la population et le chômage croissant des jeunes exacerbent cette situation. L’investissement, qui a traditionnellement contribué à 40 % à la croissance du PIB, se heurte désormais à des surcapacités industrielles de 30 à 40 %.

Hausse de l’endettement et des inégalités

L’endettement public est devenu un problème majeur, notamment pour les gouvernements locaux qui ont dépendu des revenus immobiliers. Le taux d’endettement global du pays dépasse désormais 300 % du PIB, dont près de 100 % pour le gouvernement central. La Chine est désormais l’un des pays les plus inégalitaires au monde, avec un coefficient de Gini d’environ 0,47.

Le modèle économique chinois fait face à des défis importants, et la question demeure : comment relancer la demande intérieure et asr une croissance durable à long terme ?

Source : Alternatives Économiques

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