À Hébron, la gestion du Caveau des Patriarches attise les tensions

À Hébron, la gestion du Caveau des Patriarches attise les tensions

À Hébron, plus grande ville de Cisjordanie occupée, le Caveau des Patriarches — la mosquée d’Ibrahim pour les musulmans —, vénéré comme le tombeau d’Abraham par les juifs, les chrétiens et les musulmans, cristallise depuis des décennies les tensions.

Mi-juin, le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich a annoncé vouloir transférer à Israël l’administration du sanctuaire ; côté palestinien, on redoute une « judaïsation » du lieu et une mainmise accrue. Dans la zone H2, où environ 200 familles de colons vivent parmi près de 40 000 Palestiniens sous deux régimes distincts, colons et habitants livrent des récits inconciliables de la ville.

Pour l’Israélien Nitzan, habitant d’une colonie voisine, le Caveau des Patriarches est un passage obligé pour toute l’humanité. En revanche, pour le Palestinien Issa Amro, il est devenu le symbole de la mainmise grandissante d’Israël sur la ville.

Le sanctuaire, vénéré comme lieu de sépulture d’Abraham et d’autres figures bibliques, est situé dans une zone fortement contrôlée par Israël, où les autorités ont installé des barrières et des barrages pour asr la sécurité des colons. Les forces israéliennes patrouillent dans les rues, restreignant la circulation des Palestiniens non résidents.

Le ministre Smotrich a déclaré vouloir retirer l’administration du sanctuaire aux Palestiniens, y compris pour les constructions. Nitzan, un employé des parcs nationaux israéliens, a exprimé son attachement au site, le qualifiant de lieu que toute l’humanité devrait visiter.

Issa Amro, quant à lui, décrit une réalité différente, affirmant que les checkpoints restreignent les déplacements des Palestiniens, laissant les ruelles de la vieille ville quasi désertes. Au fil des années, de nombreux commerces palestiniens ont fermé, et Amro évoque des incidents de harcèlement tant par des colons que par des soldats israéliens.

Mentionnée dès les années 1990 dans les accords d’Oslo, Hébron est devenue en 1997 la seule ville de Cisjordanie avec une zone sous contrôle militaire israélien, dite H2. Le site est divisé en deux parties, avec des entrées séparées.

Des représentants des colons souhaitent que la ville soit placée sous contrôle israélien total, tout en affirmant que cela ne signifierait pas une exclusion des Palestiniens. Cependant, ces derniers craignent une expulsion pure et simple.

Le directeur de la mosquée d’Ibrahim, Moatz Abou Snena, estime que la décision de Smotrich s’inscrit dans une tendance plus large de judaïsation du lieu, tandis qu’Amro dénonce un « apartheid » qui sépare les deux communautés.

Source : Agence France-Presse

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