Guerre d'influence: le verrouillage de l'espace informationnel, enjeu vital pour la Russie de Poutine - Les dessous de l'infox

Guerre d’influence : le verrouillage de l’espace informationnel, enjeu vital pour la Russie de Poutine

Les connexions perturbées et le blocage des messageries telles que WhatsApp et Telegram continuent d’isoler la Russie du reste d’internet. Malgré les protestations des influenceurs, touchés financièrement par ces coupures, et l’impact de ces mes sur le front ukrainien, le Kremlin renforce son contrôle interne tout en poursuivant une stratégie offensive de diffusion de narratifs pro-russes à l’extérieur.

Kévin Limonier, spécialiste du cyberespace russophone et professeur à l’Institut Français de Géopolitique, souligne l’importance de ce verrouillage. Il est également directeur adjoint du laboratoire GEODE pour la Géopolitique de la data sphère.

Une vidéo virale met en lumière Victoria Bonya, une influenceuse russe, qui s’adresse directement à Vladimir Poutine pour dénoncer la peur qui paralyse la société russe. Son message, diffusé depuis Monaco, résonne avec les préoccupations d’internautes en Russie, qui déplorent l’état de l’économie et les effets des coupures d’internet.

Une tendance irréversible, malgré la colère

« Aujourd’hui, les personnes qui décident de la politique de blocage des applications sont des officiers du FSB pour qui le contrôle de l’information est une nécessité, pour asr la survie du régime », affirme Limonier. Depuis quinze ans, la Russie met en place un système de contrôle en ligne, dirigé par le FSB, héritier du KGB, pour étouffer toute contestation. Les blocages de Telegram, WhatsApp et les restrictions sur les VPN ne représentent qu’une partie d’une stratégie plus vaste, où le contrôle de l’information prime sur des intérêts économiques ou militaires.

Laboratoire d’oppression numérique

Dans les territoires occupés par la Russie en Ukraine, des systèmes de cen et de surveillance sont testés avant d’être déployés dans toute la Fédération, créant ainsi un laboratoire d’oppression numérique. Cela soulève la question de savoir si le Kremlin pourrait affaiblir sa propre propagande à l’étranger.

Telegram, qui sert d’incubateur pour des campagnes de désinformation ciblant l’Europe, est désormais dans le viseur du Kremlin. Il est envisageable qu’un système de passe-droits soit mis en place pour certaines agences de marketing digital, permettant une diffusion contrôlée de contenus propagandistes à l’étranger.

Source : RFI

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