Au Mur des noms de Schirmeck, des élèves s’approprient la mémoire de la Seconde Guerre mondiale
« À ceux que mon cœur aime et dont il se souvient. » Ces mots du poète alsacien, juif et résistant, Claude Vigée, s’affichent en lettres dorées sur le nouveau monument dédié aux Alsaciens et Mosellans tués pendant la Seconde Guerre mondiale, où seront gravés prochainement 44 000 noms de disparus.
Dans le cadre du projet « des drapeaux et des mémoires en partage », quatre classes allant du CM1 à la première ont engagé des discussions avec des représentants d’associations mémorielles et des porte-drapeaux. Les élèves ont ainsi exploré les codes de la commémoration pour en proposer leur propre interprétation à travers un drapeau.
L’artiste Sybille du Haÿs, à l’initiative de ce projet, souligne l’importance de la transmission des valeurs et des engagements des porte-drapeaux aux jeunes générations. Elle a interrogé les élèves sur la signification du drapeau et sur son port, questionnant notamment la nécessité des couleurs nationales et la forme du drapeau.
Les élèves de première professionnelle en métiers de la couture et confection du lycée Jean-Rostand de Strasbourg ont innové en créant un drapeau-parasol tricolore, orné de mains dorées tenant des fils barbelés, symbolisant le deuil pour les victimes de la guerre. Lors d’une cérémonie solennelle, des gants blancs de porte-drapeaux ont été remis aux élèves.
D’autres drapeaux ont également été réalisés, comme celui des 3e 1 du collège Frison-Roche de la Broque, portant un Graoully et une cigogne, ou celui des CM2 de Grandfontaine, décoré de bleuets et de triangles colorés. Les CM1 de Schirmeck ont présenté un drapeau vert, symbolisant les montagnes environnantes, orné de colombes.
Ces créations sont décrites par la conseillère régionale Gabrielle Rosner-Bloch comme des symboles de la mémoire qui circulent d’une génération à l’autre. Elle a souligné que les arts plastiques peuvent exprimer des émotions et des souvenirs lorsque les mots échouent à le faire.
Au cours des deux prochaines années scolaires, des élèves de Moselle et du Haut-Rhin participeront également à ce projet, qui culminera avec une exposition des drapeaux réinventés. Ces œuvres sont destinées à être transmises au sein des établissements scolaires et à occuper une place importante lors des cérémonies officielles. Marie Georg-Lieby, présidente de l’association pour les études de la résistance intérieure des Alsaciens (Aeria), a noté la présence de la jeunesse lors de cet événement, qui préfigure l’avenir du Mur des noms comme un lieu vivant de transmission.
Source : DNA
