Strasbourg : Manifestation pour le maintien des hébergements d’urgence
Environ 150 personnes se sont rassemblées mercredi 1er juillet devant la préfecture du Bas-Rhin pour demander le maintien des places d’hébergement d’urgence destinées aux ménages à droits incomplets. Les manifestants dénoncent une décision de l’État qui pourrait mettre à la rue des centaines de familles d’ici la fin de l’année.
Zainab, réfugiée d’Afghanistan, a exprimé son inquiétude : « On est venus pour savoir quoi faire pour trouver un logement et peut-être trouver une personne pour nous aider. On n’a pas d’autre solution. » Elle a souligné la complexité de la situation de sa mère, qui est handicapée à 80 %, et a indiqué que les propriétaires exigent souvent un emploi pour louer un logement.
Ces ménages se retrouvent souvent dans une impasse. Faute de titre de séjour, ils ne peuvent généralement ni travailler légalement ni accéder à un logement classique. Des associations financées par l’État leur fournissent donc un hébergement d’urgence. Selon un document consulté par Rue89 Strasbourg, la préfecture a demandé la fermeture de toutes les places disponibles en hébergement d’urgence d’ici la fin de l’année 2026. Parallèlement, elle prévoit de réorienter certaines familles vers des dispositifs d’insertion ou des centres de préparation au retour, une option largement rejetée par les concernés.
Devant la préfecture, des représentants de syndicats et de collectifs ont pris la parole pour dénoncer cette situation. Clara Fleury, du Syndicat des avocats de France, a rappelé que l’hébergement d’urgence est une obligation légale pour l’État, évoquant un « impératif de dignité humaine ».
Arbi, réfugié géorgien, a partagé son expérience : « On est en France depuis huit ans et demi, on a demandé un titre de séjour qui a été refusé l’année dernière. Aujourd’hui, on est logés par l’association L’Étage. » Cette association, qui fournit une grande partie des logements d’urgence, fait face à des menaces de fermeture.
Géraldine Delaye, représentante syndicale du syndicat d’enseignants FSU 67, a également exprimé son soutien aux familles, demandant que les enseignants ne soient pas sanctionnés pour avoir accueilli des enfants sans-abri dans les écoles, notamment en hiver.
Des organisations se mettent en place pour pallier l’absence des pouvoirs publics. Manu, représentant du syndicat Sud Éducation, a encouragé les enseignants à s’organiser pour venir en aide aux familles dans le besoin.
Source : Rue89 Strasbourg
