Calcium et vitamine D contre les fractures : une étude remet en question leur efficacité
Chaque année, en France, environ 2 millions de chutes chez les personnes âgées de plus de 65 ans entraînent 10 000 décès, faisant de cette problématique la première cause de mortalité accidentelle, ainsi que plus de 130 000 hospitalisations. Pour protéger les os et réduire le risque de fractures, les médecins prescrivent souvent du calcium, de la vitamine D, ou une combinaison des deux. Cependant, une étude récente publiée dans la revue The BMJ (British Medical Journal) remet en question l’efficacité de ces supplémentations.
Avec l’âge, les os perdent en densité et deviennent plus fragiles, augmentant ainsi le risque de fractures. Chez les femmes, la ménopause et les changements hormonaux qui l’accompagnent peuvent accélérer cette perte de densité osseuse. Pour ralentir ce phénomène, il est recommandé aux personnes âgées d’éviter le tabagisme, de limiter leur consommation d’alcool, de pratiquer des exercices de renforcement musculaire et d’adopter une alimentation équilibrée, riche en protéines, en vitamine D et en calcium.
Des chercheurs ont analysé les données de 69 essais cliniques, portant sur près de 154 000 adultes, afin d’évaluer l’impact de la supplémentation en calcium, en vitamine D ou d’une combinaison des deux sur le risque de chutes ou de fractures. Les résultats montrent une réduction minime, voire nulle, du risque global de fractures, que ce soit avec l’un ou l’autre des suppléments pris individuellement ou ensemble. De plus, peu ou pas de bénéfice a été observé dans la prévention de fractures spécifiques, comme celles de la hanche, et dans la réduction du risque de chute.
Les chercheurs concluent que « nos résultats montrent qu’il n’y a pas d’intérêt à supplémenter de façon systématique les personnes âgées en calcium ou en vitamine D pour prévenir les fractures et les chutes ». Ils suggèrent que la prévention des chutes et des fractures devrait se concentrer sur des approches plus efficaces, telles que le travail de l’équilibre, le renforcement musculaire, l’aménagement du domicile, et l’éducation des patients.
Ces conclusions ne s’appliquent pas aux personnes atteintes de maladies osseuses ou sous traitement contre l’ostéoporose, pour lesquelles la supplémentation en vitamine D et en calcium peut améliorer l’efficacité des traitements.
Les auteurs de l’étude appellent les médecins et les organismes de réglementation à réévaluer leurs recommandations sur la supplémentation en calcium et en vitamine D à la lumière des preuves actuelles.
Source : The BMJ
