Course à l'espace : la Chine s’émancipe de Londres et Paris pour asr ses propres lancements

Course à l’espace : la Chine s’émancipe de Londres et Paris pour asr ses propres lancements

L’assurance spatiale ne dépend plus uniquement de Londres et de Paris. En mars 2025, un groupement basé à Pékin a été créé pour asr les missions commerciales chinoises. En un an, cette plateforme a garanti 25 vols privés pour un montant total de 1,47 milliard de dollars, permettant au pays de se libérer progressivement des réasurs européens.

Comment la Chine a rapatrié son assurance spatiale

Jusqu’à présent, le programme spatial chinois confiait la couverture de ses engins au groupe étatique PICC. Cependant, cette réassurance entraînait un transfert partiel du risque à l’international. Par exemple, lors de la défaillance du satellite ChinaSat-18 en 2019, des compagnies étrangères ont absorbé une partie des pertes, ce qui a conduit à une fuite des bénéfices vers l’Europe.

Le consortium formé en 2025 regroupe plusieurs asurs nationaux pour conserver les revenus et le contrôle sur le sol chinois. Selon Caixin Global, il s’agit de la première plateforme dédiée exclusivement au secteur aérospatial commercial chinois. Ce consortium a également publié un manuel de gestion des sinistres liés aux débris et a constitué une base de données pour standardiser la tarification des risques.

Le gouvernement soutient cette initiative par des aides financières, avec Shanghai ayant débloqué 300 millions de yuans pour l’industrie aérospatiale commerciale en avril 2025. De plus, la capitale chinoise a annoncé des subventions spécifiques sur les primes des entreprises spatiales, s’inspirant de méthodes déjà appliquées dans les secteurs des semi-conducteurs et des batteries.

Chaque engin spatial non assuré est un pari financier risqué

La fabrication et la mise en orbite d’un appareil géostationnaire coûtent entre 150 et 400 millions de dollars. En cas de défaillance, l’absence de couverture peut entraîner la faillite de l’opérateur, rendant l’assurance spatiale essentielle pour attirer les investisseurs. En 2016, l’explosion d’un Falcon 9 de SpaceX a détruit le satellite israélien Amos-6, entraînant des indemnités d’environ 215 millions de dollars versées par les asurs.

Malgré cela, la majorité des engins en orbite ne sont pas assurés. Sur environ 10 000 satellites actifs, seuls 300 sont couverts par une police d’assurance. Même SpaceX ne protège pas sa constellation Starlink auprès de sociétés externes. Pour les fusées sans historique de vol, les primes varient entre 5 % et 15 % de la valeur assurée, ce qui pourrait permettre au consortium chinois d’accepter des risques que les acteurs traditionnels refusent.

L’assurance spatiale, un marché mondial en pleine tension

Lloyd’s of London couvre des missions spatiales depuis 1965. En 2025, le marché de l’assurance spatiale pesait 4,06 milliards de dollars et pourrait atteindre 6,23 milliards de dollars d’ici 2030. Cependant, cette activité reste dominée par Londres, Paris et les Bermudes, où les réasurs européens maintiennent des positions fortes. Les lanceurs privés chinois, comme LandSpace ou Space Pioneer, génèrent une nouvelle demande que la Chine cherche à capter sur son territoire.

Le marché fait face à des défis importants. En 2024, le secteur a versé plus d’indemnités qu’il n’a encaissé de primes, et la croissance des débris orbitaux complique les calculs de risque. Les sanctions américaines limitent également l’intervention de certaines compagnies occidentales sur les actifs chinois. En 2025, SpaceX a réalisé environ 300 000 manœuvres d’évitement de collision avec ses satellites Starlink.

Source : Caixin Global, Science et Vie

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