Réchauffement climatique : la décroissance n’est pas la solution
Dans le débat sur le réchauffement climatique, l’idée de décroissance est souvent présentée comme une réponse aux enjeux environnementaux. Cependant, des études récentes montrent qu’une telle approche pourrait ne pas être la solution adéquate.
Depuis 2005, une trentaine de pays riches, y compris la France, les États scandinaves, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont vu leur PIB augmenter tout en réduisant leurs émissions de carbone. Ce phénomène, souvent qualifié de découplage, remet en question l’idée selon laquelle une production accrue entraîne nécessairement des émissions plus élevées. En réalité, ces pays ont réussi à dissocier croissance économique et empreinte carbone.
Les rejets de carbone sont influencés par trois facteurs : la population, le revenu par habitant et les émissions par unité produite. La décroissance n’apporte une solution qu’en agissant sur le revenu, ce qui pourrait entraîner un appauvrissement général. En revanche, l’innovation et le développement de technologies propres ont démontré leur efficacité pour réduire les émissions tout en améliorant les conditions économiques. Par exemple, le coût de l’énergie solaire a considérablement diminué, atteignant 0,043 dollar par kilowattheure, soit 40 % de moins que les options fossiles les moins chères, grâce à une augmentation de la capacité installée.
L’investissement mondial dans les technologies bas-carbone a atteint 2 200 milliards de dollars en 2025, le double de celui des énergies fossiles. Ces technologies permettent d’éviter l’émission de 2,6 milliards de tonnes de CO2 par an, sans nécessiter de récession économique. Cela souligne l’importance de l’innovation dans la lutte contre le changement climatique.
Cependant, certains secteurs, comme le ciment et l’acier, restent difficiles à décarboner. Pour ces industries, des solutions telles que la captation de carbone pourraient offrir des perspectives d’émission réduite. L’écologie apparaît ainsi comme une question de richesse, intimement liée à la croissance économique.
La science économique soutient que la capacité à dépolluer dépend de la richesse et des institutions d’un pays. Les économies les plus propres sont souvent celles qui allient marchés ouverts, droits de propriété solides et tarification du carbone, ce qui est en opposition à l’idée de décroissance.
Enfin, Les baisses d’émissions observées en 2009 et 2020 ont été temporaires et ont principalement affecté les plus vulnérables.
En conclusion, la décroissance pourrait ne pas offrir une solution viable face aux défis climatiques. La production, lorsqu’elle est réalisée de manière durable et innovante, semble être la clé pour faire face à cette crise.
Source : L’Express