Loi d’urgence agricole : le Sénat vote des assouplissements supplémentaires dans la gestion de l’eau pour l’agriculture, irritant le gouvernement
Les sénateurs ont notamment fixé des objectifs de stockage jugés « pharaoniques » par la ministre de la Transition écologique.
Publié le 01/07/2026 à 06:54
Mis à jour le 01/07/2026 à 07:54
En plein débat sur l’adaptation de la France aux canicules, le Sénat a irrité le gouvernement en votant, le 30 juin, des assouplissements supplémentaires dans la gestion de l’eau pour l’agriculture. Dans le cadre de l’examen du projet de loi d’urgence agricole, à l’initiative du rapporteur Laurent Duplomb (LR), les sénateurs ont décidé de lever davantage les contraintes pesant sur le stockage de l’eau.
Le texte gouvernemental visait à faciliter la construction d’ouvrages de stockage d’eau, tels que des réservoirs, en supprimant notamment l’obligation de tenir des réunions publiques pour leur autorisation environnementale, remplacée par une simple permanence. Initialement, cet allègement devait concerner uniquement les ouvrages ayant déjà fait l’objet d’une concertation préalable dans le cadre d’un projet de territoire, mais les sénateurs l’ont étendu à tous les projets. De plus, l’article permet au préfet de passer outre l’annulation par un juge d’une autorisation existante de prélèvement d’eau pour les agriculteurs, sous certaines conditions. La poursuite du prélèvement serait ainsi possible pour cinq ans au maximum, alors que le texte initial prévoyait un délai de deux ans.
Ces assouplissements des règles environnementales ont suscité l’inquiétude du gouvernement. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a exprimé ses préoccupations en déclarant : « Ils risquent de déséquilibrer un texte qui se voulait équilibré au moment même où la sécheresse s’installe dans nos campagnes. » Un autre article ajouté par le Sénat va plus loin en exigeant que la gestion de l’eau réponde à un principe de « non-régression agricole », fixant l’objectif de doubler, d’ici 2035, les volumes de stockage de cette ressource destinés à l’agriculture. Cette ambition a été qualifiée de « pharaonique » par Monique Barbut, qui y voit une priorité donnée à l’usage agricole de l’eau au détriment de l’eau potable et de la sécurité civile.
Source : Franceinfo
