Partage des terres : enjeux climatiques et justice foncière
La terre, considérée à la fois comme une matière fertile, un patrimoine écologique et un capital économique, devient un enjeu politique majeur. Dans un rapport soutenu par l’Institut de la Transition foncière, l’urbaniste Jean Guiony met en lumière la complexité des problématiques foncières contemporaines, marquées par une concentration accrue des terres et des conflits d’usage.
À l’approche de la campagne présidentielle de 2027, les débats sur le patrimoine et les inégalités se multiplient, tout comme les préoccupations liées au logement et à l’artificialisation des sols. Ce rapport souligne les tensions croissantes autour de l’accès au marché foncier, les luttes locales pour la préservation des ressources et la perte d’autonomie des collectivités face à des acteurs privés dominants.
Une tendance inquiétante de concentration foncière se dessine, tant dans les zones rurales qu’urbaines, affectant l’agriculture, le logement et les espaces naturels. Cette évolution soulève des questions sur la justice sociale et la répartition des ressources, suggérant un potentiel retour à des structures féodales. Les « communs fonciers », qui favorisent une gestion collective des terres, sont en déclin malgré des initiatives récentes dans l’immobilier solidaire et les foncières agricoles citoyennes.
Les propositions avancées par Guiony incluent :
- Un diagnostic obligatoire de la qualité des sols lors des ventes de parcelles.
- Une réforme agraire pour soutenir l’installation de jeunes agriculteurs et promouvoir des méthodes respectueuses de l’environnement.
- La restauration de « communs fonciers » dans chaque collectivité, gérés par des acteurs d’intérêt général.
- La création d’un cadre réglementaire pour limiter la multipropriété et encadrer la financiarisation des terres.
- Une augmentation significative du contrôle foncier public, notamment dans les zones d’activité économique.
Les chiffres révèlent l’ampleur des enjeux : les prix immobiliers ont grimpé de 160 % depuis 2000, tandis que les revenus n’ont augmenté que de 29 % sur la même période. De plus, 73 % de la superficie agricole utilisée est contrôlée par de grandes exploitations, et 20 000 hectares sont artificialisés chaque année, un rythme quatre fois supérieur à la croissance démographique.
Le rapport de Jean Guiony constitue ainsi un appel à une réflexion approfondie sur la gestion foncière, dans un contexte où la maîtrise des terres devient cruciale pour l’avenir économique et écologique des territoires.
Source : Rapport de Jean Guiony, Institut de la Transition foncière.
