Plus ils sont petits, plus ils sont toxiques : les déchets de l’agro-industrie et les microplastiques
Une enquête récente met en lumière les dangers croissants des microplastiques issus de l’agro-industrie, en particulier ceux provenant des déconditionneurs. À Saint-Nicolas-du-Tertre, dans le Morbihan, le Gaec des Friches, qui traite chaque année 30 000 tonnes de biodéchets, soulève des inquiétudes quant à la contamination des sols agricoles.
Contexte factuel
Le Gaec des Friches, qui abrite un déconditionneur depuis 2020, reçoit des déchets alimentaires tels que des briques de lait non vendues et des yaourts périmés. Selon un rapport de l’Ademe publié en octobre 2024, les résidus de déchets issus de déconditionneurs contiennent en moyenne 29 à 37 fois plus de microplastiques que les digestats agricoles classiques. Ces microplastiques, définis comme des particules de moins de 5 mm, peuvent se retrouver dans les sols lorsque les digestats sont utilisés comme engrais.
Données ou statistiques
Une étude de l’Inrae de 2023 indique que 75 % des sols français sont contaminés par des microplastiques, dont 70 % ment moins de 2 mm. De plus, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques a révélé que les microplastiques s’accumulent dans tous les organes humains, soulevant des préoccupations concernant des corrélations entre leur présence et des problèmes de santé tels que le cancer de l’estomac et des troubles respiratoires.
Conséquence directe
La réglementation actuelle ne prend pas en compte les plastiques de moins de 2 mm dans les fertilisants, permettant ainsi leur épandage sans restriction. Cette situation pourrait avoir des répercussions significatives sur la santé publique et l’environnement, alors que les microplastiques continuent de s’accumuler dans nos sols et nos chaînes alimentaires.
Cette enquête a été réalisée par le média d’investigation breton Splann !.
