La filière nautique s’oppose à la réforme de la taxe plaisance

La réforme de la Taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel (Taemup) doit entrer en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2027. Les acteurs de la filière nautique, regroupés au sein de la Confédération du Nautisme et de la Plaisance, dénoncent un nouveau mode de calcul qu’ils jugent « injuste, illisible et dangereux ».

Plus de 10 000 personnes ont signé une pétition lancée récemment par cette confédération, qui regroupe des professionnels, industriels et fédérations sportives. Cette réforme vise à élargir le champ d’application de la taxe, touchant un plus grand nombre de bateaux de plaisance, notamment les petits bateaux à moteur qui étaient jusqu’à présent exonérés. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, après la Bretagne, compte le plus grand nombre de ces petits bateaux.

Guillaume Arnauld des Lions, membre de la Confédération et directeur délégué de la Fédération des Industriels du Nautisme, souligne que cette réforme pourrait aggraver la situation d’un marché déjà en déclin, ayant enregistré une baisse de 17 % en 2025.

La réforme a été adoptée dans le cadre du projet de loi de finances 2026, après un rejet initial par l’Assemblée nationale. Le texte a finalement été adopté par le Sénat, mais son application a été retardée à 2027.

La taxe actuelle est calculée en fonction de la longueur de la coque et de la puissance du moteur en chevaux administratifs. Les bateaux de moins de 7 mètres en étaient exemptés, sauf quelques exceptions. La réforme modifie l’unité de me de la puissance, passant de chevaux administratifs à kilowatts, ce qui pourrait entraîner des hausses de taxe allant jusqu’à 40 % pour certains bateaux similaires.

La nouvelle taxation commence à 120 kW, un seuil plus bas que précédemment, ce qui inclut un grand nombre de petits bateaux à moteur. Ces derniers pourraient se voir imposés d’une taxe annuelle de 400 à 600 euros, touchant particulièrement la plaisance familiale et populaire.

Arnauld des Lions exprime des inquiétudes quant à l’impact de cette réforme sur l’avenir de la plaisance, notant que de nombreux acheteurs potentiels envisagent de renoncer à leurs projets d’achat de bateau. Selon lui, cette réforme ne répond pas aux objectifs fixés par les pouvoirs publics et pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’économie du secteur nautique.

La Côte d’Azur, région avec la plus forte concentration de petits bateaux à moteur, pourrait être particulièrement affectée par cette réforme. La mobilisation des acteurs de la filière se renforce, avec des prévisions d’atteindre jusqu’à 25 000 signatures pour la pétition.

Source : France 3 Régions

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