Famille mise en examen, jeunes militaires disparus, découverte d’ossements… Ce que l’on sait de l’affaire de traite d’êtres humains dans le Var
Le 29 mai dernier, le procureur de la République de Toulon a mis en examen cinq membres d’une même famille vivant dans le Var dans une affaire de meurtres et de traite d’êtres humains visant de jeunes militaires.
Dans un communiqué, le procureur Raphaël Balland a annoncé que ces cinq individus sont soupçonnés de « traite d’êtres humains commise en bande organisée » et de « séquestrations de plusieurs personnes commises en bande organisée ». Trois d’entre eux font également l’objet d’une mise en examen pour « meurtres ».
L’affaire débute avec la disparition de deux jeunes militaires. Le premier, né en 1997 à Nouméa, n’a plus donné de nouvelles de sa famille depuis mai 2022, après son arrivée à Saint-Mandrier-sur-Mer (Var) pour effectuer ses classes au sein de la Marine nationale. La seconde disparition concerne un homme né en 1988 à Papeete, considéré comme déserteur par la Légion étrangère, dont la famille n’a plus eu de nouvelles depuis mai 2023.
Des enquêtes séparées ont été ouvertes au tribunal judiciaire de Toulon, mais la section de recherches de la gendarmerie maritime a établi un lien entre les deux affaires. Les investigations ont orienté les soupçons vers une famille ayant hébergé les deux disparus, résidant dans le Var depuis de nombreuses années. Cette famille, composée de deux parents et de leurs quatre enfants, aurait également hébergé d’autres jeunes militaires originaires des Outre-mer entre 2011 et 2023. Sept d’entre eux ont signalé avoir été dépouillés de leurs moyens de paiement et de leurs documents d’identité, ainsi que violentés et séquestrés.
Le 26 mai 2026, les membres de la famille suspecte ont été placés en garde à vue pendant 96 heures. Des éléments recueillis lors de cette garde à vue ont renforcé l’hypothèse de meurtres, notamment la découverte d’ossements dans les Bouches-du-Rhône, susceptibles de correspondre aux deux militaires disparus. Des expertises sont en cours pour confirmer l’identité de ces ossements.
Trois jours après leur garde à vue, le père, la mère, deux fils et une fille ont été mis en examen pour traite des êtres humains et séquestration. La mère et les deux fils sont également mis en examen pour les meurtres des deux militaires. Tous ont été placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention.
Les investigations se poursuivent, selon les déclarations du procureur.
Source : Var-Matin
