En Côte d'Ivoire, préserver le tissage artisanal des pagnes baoulé malgré les difficultés - Reportage Afrique

En Côte d’Ivoire, préserver le tissage artisanal des pagnes baoulé malgré les difficultés

De notre envoyé spécial à Bomizambo

Le pagne baoulé, emblème du patrimoine culturel ivoirien, est le fruit d’un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération. À Bomizambo, une localité située à environ trente kilomètres de Yamoussoukro, des artisans s’efforcent de maintenir cette tradition vivante, malgré les nombreux défis auxquels ils font face.

Victorien Kouamé, tisserand de plus de cinquante ans, perpétue cet art depuis son enfance. « Au CM2 après l’école, c’est mon père qui m’a appris le tissage. Je sais comment tisser le pagne baoulé et je connais toutes ses qualités », explique-t-il. Chaque pagne est entièrement tissé à la main, un travail méticuleux qui constitue la principale source de revenus pour de nombreux artisans, même si cela ne suffit pas toujours à subvenir aux besoins de leur famille. « Après le tissage, on peut ensuite aller au champ. Je peux prendre cinq jours pour tisser parce que c’est ça qui me procure l’argent », ajoute Victorien.

Cependant, les tisserands de Bomizambo doivent faire face à des défis importants, notamment le coût élevé des matières premières et la concurrence des tissus industriels, qu’ils jugent déloyale. Richard Kouassi, à la tête d’une coopérative de plus de 300 membres, déplore : « Les gens produisent ces pagnes en masse, sous forme de tissus avec les photos de nos motifs. Cela nous fatigue beaucoup. »

La transmission de ce savoir-faire ancestral représente également un enjeu crucial. Quelques jeunes, comme Martial, s’intéressent à cette tradition. Après un échec au baccalauréat, il s’est tourné vers la confection du pagne baoulé, affirmant : « Dans le mois, je peux gagner 150 000 francs CFA, soit environ 228 euros. »

Depuis 2023, le pagne baoulé bénéficie d’un label d’Indication géographique protégée, délivré par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle. Cette reconnaissance vise à valoriser le savoir-faire des tisserands ivoiriens et à lutter contre la contrefaçon.

Source : RFI

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