Ethereum chute face à Bitcoin : la promesse déflationniste fragilisée
Ethereum devait devenir plus rare que Bitcoin. Trois ans après son passage à la preuve d’enjeu, la promesse d’un ether déflationniste vacille. L’ETH a perdu environ 65 % face à Bitcoin depuis le basculement de 2022, relançant les doutes sur la stratégie monétaire du réseau.
Une rareté promise qui ne se matérialise pas
Le concept d’« ultrasound money » reposait sur une idée simple : rendre l’ether plus rare que Bitcoin. La mise à jour EIP-1559 en 2021 a introduit la destruction d’une partie des frais de transaction. Puis, la transition vers la preuve d’enjeu en 2022 a réduit l’émission de nouveaux ETH. Les partisans anticipaient alors une offre durablement déflationniste, avec un taux d’émission annuel s’établissant autour de -0,19 % après l’activation du mécanisme de burn.
Cependant, la dynamique s’est inversée. Depuis le passage à la preuve d’enjeu, l’offre d’ETH progresse à un rythme annualisé d’environ 0,23 %. Ce chiffre reste inférieur à l’inflation annuelle de Bitcoin, proche de 0,85 %, mais contredit la promesse d’une raréfaction structurelle.
Ethereum ne redevient déflationniste que lorsque l’activité on-chain génère suffisamment de frais pour brûler plus d’ETH que le réseau n’en émet aux validateurs. Or, cette condition s’est affaiblie. Les frais moyens sur Ethereum tournent autour de 0,21 dollar en mars 2026, en baisse d’environ 54 % sur un an. Moins de frais signifie moins d’ETH détruits. De plus, une grande partie de l’activité a migré vers les solutions de seconde couche, les rollups traitant environ 926 opérations utilisateurs par seconde, contre seulement 22,36 sur le réseau principal.
Pourquoi l’ETH sous-performe face à Bitcoin
La performance relative d’ether face à Bitcoin reflète une préférence des investisseurs pour la prévisibilité monétaire. Bitcoin repose sur une offre plafonnée à 21 millions d’unités et un calendrier d’émission immuable, ce qui constitue un argument majeur pour les investisseurs à long terme.
Selon l’analyste Handre, chaque tentative de modification de la politique monétaire de Bitcoin a échoué, car la majorité économique protège ce cadre strict. Ethereum, en revanche, offre un cadre plus flexible, dont l’offre évolue en fonction de paramètres techniques et d’usages du réseau, rendant son avenir moins lisible pour certains investisseurs.
Les ETF et les prix confirment le décrochage
Les flux institutionnels illustrent cet écart d’attractivité. En mars 2026, les ETF Bitcoin au comptant totalisent plus de 91,9 milliards de dollars d’actifs sous gestion, contre environ 12,1 milliards pour les ETF Ethereum. La trajectoire des prix renforce ce contraste. Entre 2021 et 2026, l’ETH n’a dépassé que marginalement son sommet historique proche de 4 800 dollars avant de perdre de l’élan. En revanche, Bitcoin a vu son prix doubler entre son pic de 2021 et son record de 2025.
Pressions supplémentaires sur le sentiment de marché
Le climat autour d’Ethereum est également affecté par des ventes périodiques d’ETH associées à Vitalik Buterin et à la Ethereum Foundation, alimentant la perception de prises de profits internes. Le cabinet Culper Research a accentué cette défiance en annonçant une position vendeuse sur ether, citant notamment ces ventes comme facteur de risque. Pour certains traders, ces mouvements donnent le sentiment que des acteurs clés allègent leurs positions lors des phases de hausse plutôt que de renforcer leur conviction à long terme.
Source : Cointelegraph
