
Le président du Rassemblement national fait face à un nouveau dossier judiciaire. L’association Anticor demande la désignation d’un juge d’instruction afin d’enquêter sur les conditions dans lesquelles Jordan Bardella a exercé ses fonctions d’assistant parlementaire européen en 2015. Une procédure distincte de l’enquête du Parquet européen, mais qui accentue la pression judiciaire autour du RN.
Les faits

Alors que le Rassemblement national est déjà confronté à une enquête du Parquet européen sur l’utilisation de fonds européens par l’ancien groupe parlementaire Identité et démocratie (ID), un autre dossier prend de l’ampleur.
L’association anticorruption Anticor souhaite désormais qu’un juge d’instruction soit désigné afin d’enquêter sur Jordan Bardella pour des soupçons de détournement de fonds publics liés à son activité d’assistant parlementaire européen de Jean-François Jalkh durant plusieurs mois en 2015.
L’association demande également que soient examinés les documents produits pour justifier la réalité du travail effectué à cette époque, estimant qu’ils méritent des vérifications complémentaires.
À ce stade, aucune mise en examen n’a été annoncée dans ce dossier et Jordan Bardella bénéficie pleinement de la présomption d’innocence.
Pourquoi Anticor veut un juge d’instruction
En droit français, lorsqu’une plainte avec constitution de partie civile est jugée recevable, la désignation d’un juge d’instruction permet de conduire des investigations indépendantes : auditions, réquisitions de documents, expertises ou confrontations.
Autrement dit, Anticor ne demande pas une condamnation, mais l’ouverture d’une enquête judiciaire approfondie afin de déterminer si les soupçons reposent sur des éléments suffisamment solides.
C’est désormais à la justice de décider si cette demande justifie l’ouverture d’une information judiciaire.
Le RN confronté à plusieurs fronts judiciaires

Cette nouvelle procédure intervient dans un contexte déjà particulièrement sensible pour le Rassemblement national.
Le parti est confronté à plusieurs dossiers distincts :
- l’affaire des assistants parlementaires européens ;
- l’enquête du Parquet européen sur l’ancien groupe Identité et démocratie ;
- la procédure engagée à l’initiative d’Anticor concernant Jordan Bardella.
Ces affaires ne portent pas sur les mêmes faits ni sur les mêmes périodes, mais elles alimentent une même séquence politique : celle d’un parti qui, malgré sa stratégie de normalisation, continue d’être rattrapé par des dossiers liés à ses activités passées au Parlement européen.
La communication du RN à l’épreuve
Jordan Bardella affirme que ces procédures interviennent dans un calendrier politique particulier et as n’avoir « rien à se reprocher ».
Cette ligne de défense est désormais récurrente au sein du RN : dénoncer une instrumentalisation politique de la justice tout en rappelant qu’une enquête ne constitue pas une condamnation.
Sur le plan juridique, cet argument est exact : l’ouverture d’une enquête ou d’une information judiciaire ne préjuge jamais de la culpabilité d’une personne.
Mais sur le plan politique, l’accumulation des procédures complique le discours du RN. Le parti cherche à apparaître comme une alternative de gouvernement crédible, tandis que plusieurs affaires continuent de mobiliser les juridictions françaises et européennes.
Pourquoi cette affaire compte

Au-delà du cas personnel de Jordan Bardella, cette procédure rappelle qu’à me qu’un parti se rapproche du pouvoir, son fonctionnement interne, la gestion des fonds publics et les activités de ses responsables font l’objet d’un contrôle plus étroit.
La justice devra désormais dire si les éléments avancés par Anticor justifient une information judiciaire et, le cas échéant, quelles suites donner à cette plainte.
En attendant, le dossier vient s’ajouter à une séquence judiciaire qui maintient le Rassemblement national sous une pression constante, au moment même où il cherche à convaincre qu’il est prêt à gouverner.