Journée « Justice morte » : À Paris, avocats et magistrats ont manifesté au tribunal et à la cour

Journée « Justice morte » : Mobilisation à Paris contre la politique du garde des Sceaux

Plusieurs institutions et syndicats de professionnels de la justice ont appelé à une journée « Justice morte » ce lundi dans toute la France pour protester contre la politique du garde des Sceaux, Gérald Darmanin. À Paris, le rassemblement de midi s’est divisé en deux : l’un au palais de la Cité, l’autre au Tribunal judiciaire de Paris. La mobilisation a été jugée assez faible.

Au Palais de la Cité, le bâtonnier de Paris, Louis Degos, est arrivé avec quelques minutes de retard, tentant d’organiser les manifestants pour permettre aux photographes de capturer des images. Malgré quelques ajustements, l’affluence était bien inférieure à celle observée lors de l’hommage à Robert Badinter en février 2024. Le contraste entre l’intérêt médiatique pour le fonctionnement de la justice ces dernières semaines et la modestie du rassemblement est significatif.

Le projet de loi et l’affaire Lyhanna au cœur de la colère

Les tensions se sont intensifiées récemment, notamment autour de la réforme pénale , qui vise une « sanction rapide, utile et effective », ainsi que de l’affaire Lyhanna, une jeune fille assassinée le 4 juin. Les professionnels de la justice dénoncent des négligences au sein du parquet et de la gendarmerie qui auraient pu empêcher ce drame. La réaction de Gérald Darmanin, qui a commandé un pré-rapport d’inspection et ordonné une vérification de 70 000 dossiers de violences sur mineurs, a suscité des critiques. Les avocats et magistrats estiment que ces mes ne traitent pas les véritables problèmes, à savoir le manque de moyens.

Les représentants des avocats, dont Louis Degos, Julie Couturier et Christophe Bayle, ont exprimé leur unité contre la politique du ministère. Du côté des magistrats, seule l’Union syndicale des magistrats (USM) était présente. Mathilde Thimotée, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, a assisté seule, soulignant que sa présence n’était pas une désolidarisation.

Divergences au sein des syndicats de magistrats

Cette situation met en lumière les divergences de vues entre les syndicats de magistrats. L’USM a récemment initié une pétition, tandis que le Syndicat de la magistrature a publié une tribune critique. L’absence de l’unité habituelle entre ces organisations suscite des interrogations sur l’état de la profession.

Dans un communiqué, l’USM a déclaré que la mobilisation vise à défendre une justice capable de protéger les victimes et de garantir les droits de tous. Les avocats, de leur côté, protestent contre la loi , qui sera examinée à l’Assemblée nationale. Bien que le retrait du plaider-coupable criminel ait été noté, plusieurs dispositions du texte continuent d’inquiéter.

Conséquences sur le fonctionnement judiciaire

La journée « Justice morte » devait également se traduire par des demandes de renvoi de l’ensemble des audiences pénales. Cependant, au Tribunal judiciaire, les affaires habituelles de trafic de stupéfiants et de violences ont continué comme d’habitude, illustrant l’indifférence des procédures judiciaires face aux préoccupations politiques.

La pétition lancée par l’USM a dépassé les 6 000 signatures, reflétant un certain soutien au sein de la profession.

Source : Actu Juridique

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