Inflation et mécontentement : la Bulgarie face à la hausse des prix après l’adoption de l’euro
Six mois après l’introduction de l’euro en Bulgarie, le pays est confronté à une inflation qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des citoyens. Bien que des études d’Eurostat classent la Bulgarie parmi les pays de l’Union européenne où les prix à la consommation sont les plus bas, ce constat ne reflète pas le ressenti des Bulgares.
Selon Eurostat, le coût moyen des biens et services en Bulgarie est inférieur d’environ 40 % à la moyenne de l’UE, un panier de consommation coûtant en moyenne 60 euros en Bulgarie contre 100 euros dans l’UE. Cependant, l’inflation annuelle, estimée à 6 %, dépasse la moyenne européenne. Les Bulgares expriment une perception d’augmentation généralisée des prix, particulièrement dans les produits de consommation courante.
Des exemples concrets illustrent cette situation. Le prix du concombre a augmenté de plus de 60 % par rapport à l’année précédente, et celui de la tomate a connu une hausse de 30 %. Des produits de base comme la farine se vendent à 1,10 euro le kilo, un tarif plus élevé que dans des pays à revenus moyens comme la France ou l’Allemagne.
Les dépenses alimentaires pèsent également sur le budget des ménages. Plus de 30 % des revenus des foyers bulgares sont consacrés à l’achat de nourriture, contre une moyenne de 16 % dans l’UE. Des économistes soulignent que l’adoption de l’euro est souvent blâmée pour cette flambée des prix, bien que certains produits soient jusqu’à 60 % plus chers dans les supermarchés que sur les marchés en gros.
La situation est particulièrement perceptible sur la côte de la mer Noire, où les prix ont grimpé, affectant même des destinations touristiques réputées pour leur accessibilité. Les établissements de restauration signalent une hausse des tarifs, rendant difficile la consommation de produits comme le tarator, une soupe froide traditionnelle, dont le prix varie entre 8 et 10 euros.
Face à cette crise, le gouvernement bulgare a pris des mes pour lutter contre la spéculation. Le parti du Premier ministre Roumen Radev a promis de s’attaquer aux augmentations de prix jugées abusives, affirmant que la lutte contre la spéculation est une priorité.
Source : Eurostat, 24 Tchassa
