Recherche sur les maladies cardiométaboliques à Lille

Les maladies cardiométaboliques à Lille : Focus sur la recherche du Dr Jean-Sébastien Annicotte

Le Dr Jean-Sébastien Annicotte, directeur de l’équipe « Physiopathologie moléculaire et cellulaire des maladies cardiométaboliques » au sein de l’UMR INSERM 1167 Rid-Age sur le campus de l’Institut Pasteur de Lille, se consacre à l’étude des maladies cardiométaboliques, notamment le diabète, l’obésité et l’insuffisance cardiaque. Ses recherches portent sur l’impact des facteurs environnementaux, tels que la pollution et la chaleur, sur le développement de ces pathologies. L’équipe du Dr Annicotte explore également les communications inter-organes, en particulier entre le pancréas, le tissu adipeux et le cœur.

Les maladies cardiométaboliques englobent les maladies cardiovasculaires, comme l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral (AVC), ainsi que des troubles métaboliques tels que le diabète de type 2 et l’obésité. Ces maladies partagent des causes communes, notamment une alimentation déséquilibrée, la sédentarité et l’excès de graisse abdominale, ainsi que des mécanismes biologiques comme l’inflammation chronique et la résistance à l’insuline.

Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé, les maladies cardiométaboliques sont la première cause de mortalité dans le monde. En Europe, environ un adulte sur trois est en situation de risque élevé de développer ces maladies, ce qui représente un enjeu majeur de santé publique.

Les recherches du Dr Annicotte mettent en avant le concept de “crosstalk inter-organe”, qui désigne la communication entre les organes. Ce dialogue est essentiel pour comprendre comment les maladies cardiométaboliques se développent. Lorsque cette communication est perturbée, cela peut précipiter l’apparition de maladies, souvent avant même l’apparition des symptômes.

Le Dr Annicotte souligne que les facteurs environnementaux, tels que la qualité de l’alimentation, le tabagisme, le stress chronique et les polluants, jouent un rôle crucial dans le développement de ces maladies. Ces facteurs n’altèrent pas notre ADN mais influencent l’expression de nos gènes, un phénomène connu sous le nom d’épigénétique. Les modifications épigénétiques peuvent avoir des conséquences significatives sur la gestion du sucre et des graisses par les cellules, augmentant ainsi le risque de diabète, d’obésité ou d’insuffisance cardiaque.

Pour étudier ces interactions, l’équipe développe des modèles multi-organes sur puce, qui reproduisent le fonctionnement de plusieurs organes humains à petite échelle. Ces modèles permettent d’évaluer des médicaments et des expositions environnementales dans des conditions biologiques proches de celles de l’organisme.

Dans le cadre d’un projet européen, le Dr Annicotte collabore avec plusieurs équipes, notamment à Rouen, pour étudier l’insuffisance cardiaque aiguë décompensée, la première cause d’hospitalisation chez les personnes de plus de 65 ans en Europe. Ce projet vise à identifier des biomarqueurs circulants pour anticiper les épisodes de dégradation des patients, notamment lors de vagues de chaleur, et à développer des recommandations concrètes pour la prise en charge des patients vulnérables.

Le Dr Annicotte insiste sur l’importance de la prévention, en soulignant que les maladies cardiométaboliques se développent souvent silencieusement. Face à l’augmentation des températures estivales et à la pollution, la nécessité d’une approche préventive devient cruciale pour protéger les populations à risque.

Source : Institut Pasteur de Lille.

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