Tanzanie: des écoles enseignent des chansons et danses locales pour protéger les petites communautés - Reportage Afrique

Tanzanie : des écoles enseignent des chansons et danses locales pour protéger les petites communautés

En Tanzanie, le swahili est bien plus qu’une simple langue ; c’est une véritable culture. À Bagamoyo, située à 70 km au nord de Dar es Salaam, l’école historique TaSuBa (Institut des Arts et de la Culture) forme les futures générations d’artistes tanzaniens. Cette institution unique en Afrique de l’Est s’engage à transmettre les chansons et danses des communautés locales, tout en les traduisant en kiswahili.

« Cette chanson s’appelle Lekatulinge ; c’est une danse pour s’amuser, en swahili. Lekatulingue signifie « amusons-nous » », explique Epimack Luanda, professeur de danse à TaSuBa. Sous l’ombre de grands manguiers, il observe une cinquantaine d’élèves en pleine répétition. Ancien enseignant de kiswahili, il souligne l’importance de cette langue commune pour la transmission des traditions artistiques : « Nous avons plus de 125 tribus différentes, mais nous sommes tous connectés grâce au kiswahili. »

Parmi les élèves, Fatuma, 21 ans, venue d’Arusha, exprime sa fierté d’étudier à TaSuBa. Ces danses et chants traditionnels lui tiennent à cœur depuis son enfance. Elle précise que le kiswahili joue un rôle crucial dans la transmission des traditions : « La plupart des chansons sont en langue tribale, donc on ajoute un peu de kiswahili pour que tout le monde puisse comprendre. »

Revellian, 29 ans, renchérit sur l’importance de l’école : « La plupart d’entre nous est née en ville, on ne connaît rien de notre culture, de notre langue. Ici, on apprend tout ça : les traditions, les chants, les rythmes. »

Le théâtre swahili, qui englobe diverses formes d’art, est historiquement accessible à tous, grâce à l’utilisation de la langue commune. Cependant, la situation a évolué récemment ; les artistes évitent désormais d’aborder des sujets politiques sensibles. Shabani Mbatta, professeur et membre de la troupe Bagamoyo Players, explique : « Si tu essaies de parler de choses négatives comme la corruption, alors tu es en danger. On faisait ça avant, mais plus maintenant. »

La situation actuelle illustre les défis auxquels font face les artistes en Tanzanie, tout en soulignant l’importance des écoles comme TaSuBa pour préserver et transmettre la richesse culturelle du pays.

Source : RFI

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