Charges élevées et urgence sociale : les locataires d’Alliade Habitat manifestent
Près d’une centaine de locataires se sont réunis devant le siège d’Alliade Habitat, situé dans le 7e arrondissement de Lyon, le mardi 23 juin. Ils ont exprimé leur mécontentement face à des rappels de charges de gaz et d’eau chaude pour l’année 2023, jugés excessifs.
Sous une chaleur accablante, les manifestants ont déployé une banderole sur laquelle était inscrit « Nos charges explosent ». Tennessee Garcia, coordinateur de la Confédération syndicale des familles (CSF), a pris la parole pour relayer les revendications des locataires. À l’entrée, une affiche annonçait une « fermeture exceptionnelle » des bureaux, tandis que des employés étaient visibles à l’intérieur, suscitant incompréhension et frustration.
Les locataires ont dénoncé une augmentation significative des charges de chauffage et d’eau. Par exemple, à la résidence Le Chater à Francheville, les charges de chauffage sont passées de 56 481 euros en 2022 à 162 166 euros en 2023, soit une hausse de 187 %. D’autres résidences seraient également concernées par des augmentations similaires.
Pour Émelyne, locataire depuis 25 ans, la régularisation reçue en 2025 a été un choc, avec une somme à payer de 800 euros, alors qu’elle était habituée à des remboursements. La CSF estime que près de 35 000 locataires d’Alliade Habitat sont touchés par ces régularisations, qui s’avèrent difficiles à absorber. Valentin, père de trois enfants, a également exprimé ses craintes face à des charges de 800 euros, après un montant initial de 1 000 euros.
Une délégation de locataires a tenté d’obtenir un rendez-vous avec la direction d’Alliade Habitat, mais la réunion prévue a été annulée, ce qui a été mal perçu par les manifestants. Les montants réclamés varient de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros, atteignant jusqu’à 29 000 euros dans certains cas.
Depuis 2023, Alliade Habitat n’a pas communiqué les montants annuels des régularisations de charges, et les factures n’ont été transmises qu’à partir de 2025, avec un décalage de plus de deux ans. L’organisme a expliqué que des opérations de fusion et des migrations informatiques avaient impacté l’édition des décomptes.
Dans une lettre adressée à la direction, la CSF a dénoncé une « urgence sociale » et a demandé un état détaillé des comptes, ainsi qu’un « dédommagement » de 30 % des sommes facturées. Bien que le bailleur ait assuré qu’aucune procédure d’expulsion ne serait engagée, il a exclu toute prise en charge des sommes réclamées, proposant plutôt des plans d’échelonnement et une orientation vers les aides disponibles.
Les discussions entre les représentants des locataires et la direction d’Alliade Habitat sont prévues pour le 9 juillet.
Source : Rue89 Lyon
