Pierre-Olivier Costa, président du Mucem, suspendu de ses fonctions
Le président du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem), Pierre-Olivier Costa, a été suspendu de ses fonctions le 30 juin 2026, en raison d’une enquête pour harcèlement moral et sexuel ouverte en mars. Cette décision vise à « rétablir un climat de confiance » au sein de l’institution marseillaise.
Selon un communiqué du ministère de la Culture, la suspension prendra effet à compter du 1er juillet. Toutefois, l’entourage de Costa a affirmé qu’il n’avait pas demandé cette suspension, précisant qu’il n’avait pas encore été notifié de cette décision.
Ancien directeur de cabinet de Brigitte Macron, Costa avait été nommé à la tête du Mucem en novembre 2022. Son management a rapidement suscité des critiques, notamment de la part des syndicats. En mars, une enquête pénale a été ouverte par le parquet de Marseille, parallèlement à une mission de l’Inspection générale des affaires culturelles (Igac) sur les conditions de travail au musée.
L’enquête pénale a été lancée à la suite d’un signalement du ministère de la Culture, faisant état de demandes inappropriées de Costa envers un cadre du musée. Ce dernier a rapporté avoir été soumis à des « demandes multiples » de nature sexuelle, exercées de manière intimidante.
Parallèlement, l’Igac a rendu un rapport début juin sur le bien-être au travail au Mucem, jugé « accablant » par des sources syndicales. Les représentants du personnel avaient récemment exprimé leur inquiétude face à l’absence de réponse du ministère aux alertes concernant un climat de travail « délétère ».
Le syndicat Sud-Solidaires du Mucem a salué la suspension de Costa, indiquant qu’elle a été accueillie avec joie au sein de l’établissement. L’intérim sera assuré par Anne-Marie Le Guével, inspectrice générale des affaires culturelles.
Cette suspension survient alors qu’une partie du personnel avait déjà accusé Costa de compromettre le projet scientifique du musée, et des grèves avaient été organisées en décembre 2023 et juin 2024 pour dénoncer ses méthodes.
Source : Franceinfo
