La plus grande copropriété d’Europe mise sur la géothermie
La copropriété de Parly 2, située au Chesnay-Rocquencourt dans les Yvelines, vient de se doter d’un nouveau réseau de chauffage et d’eau chaude sanitaire par géothermie. Ce projet, d’un montant total de 35 millions d’euros, permet de raccorder l’équivalent de 9.000 logements, ainsi que des infrastructures attenantes telles qu’un hôpital, l’hôtel de ville et des établissements scolaires.
Un projet de longue haleine
Initié il y a dix ans, ce projet a enfin été concrétisé début juin. Parly 2, qui est la plus grande résidence d’Europe avec ses 7.500 logements répartis sur 278 bâtiments, bénéficie désormais d’un système de chauffage alimenté par deux puits forés à proximité, capables de puiser de l’eau chaude à 62 degrés à 1.700 mètres de profondeur dans la nappe phréatique du Dogger, la principale nappe d’eau chaude naturelle d’Île-de-France.
Détails techniques et économiques
Le réseau de géothermie doit répondre à 70% des besoins en eau chaude des usagers. Les 30% restants seront fournis par le gaz pour garantir une continuité de service. Une fois l’eau prélevée, elle est filtrée dans une centrale géothermique de trois étages, où les éléments corrosifs sont extraits avant d’être réinjectée dans sa nappe d’origine, minimisant ainsi les pertes.
L’investissement de 35 millions d’euros a été soutenu par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) à hauteur de 9 millions d’euros. Les 18.000 résidents de la copropriété remboursent près de 12 millions d’euros sur 12 ans à Engie, soit moins de 200 euros par an en moyenne par propriétaire. En comparaison, le budget de fonctionnement annuel de cette copropriété s’élève à 30 millions d’euros.
Enjeux et perspectives
Malgré les coûts élevés des installations géothermiques, estimés à environ 30.000 euros pour une centrale, ce projet pourrait servir de modèle pour d’autres initiatives en Île-de-France, qui concentre près de 81% des projets français de géothermie profonde.
Les habitants de Parly 2 devraient bénéficier d’une baisse de leurs charges de chauffage de 15 à 20% dès 2027, et de 25% à partir de 2029. Toutefois, des doutes subsistent parmi les résidents quant à l’impact réel de cette transition sur leurs factures.
Engie vise un retour sur investissement d’ici 15 ans, alors que la France ambitionne de quadrupler sa production de chaleur géothermique d’ici 2035, selon les objectifs de l’État.
Source : BFMTV, Le Monde.